Au risque de la foi

Engagé dans son Église et ouvert aux autres, à 31 ans, Benjamin Bories a déjà un solide cursus. Beaucoup ont pu croiser son nom à la télévision le dimanche matin ou entendre sa voix depuis peu sur les ondes. Rencontre.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 27 janvier 2017

Auteur : Frédéric Genty

Notre rencontre a lieu près de son lieu de travail, dans l’un des salons du 47 rue de Clichy. Il aurait préféré dehors, dans un des bars tranquilles du quartier. Avec décontraction, il s’essaie à l’exercice qu’il fait d’habitude passer aux autres : le récit autobiographique. Les mots viennent facilement et bien qu’il affirme ne pas y avoir réfléchi, la cohérence d’ensemble apparaît rapidement.

Au cœur, l’évangélisation

De sa jeunesse à l’Église réformée de Nice, il garde le souvenir d’une paroisse où il se sentait très bien. Où il se réalisait. Il y avait là une attention à l’autre, une ouverture sur le monde qui l’ont profondément marqué. À cela s’ajoutent quatre années de scoutisme en tant que responsable. Le parcours pourrait sembler ordinaire, mais à côté de cet attachement à l’Église, il va faire la découverte, du côté évangélique, de l’expérience de Dieu. Depuis, il vit cet équilibre prenant aux luthéro-réformé leur manière de vivre la liberté y compris dans leur lecture de la Bible et aux Églises évangéliques l’évangélisation et l’adaptation à la culture environnante, notamment pour les chants.

Il s’agit pour Benjamin de vivre la liberté dans l’évangélisation : être disponible pour l’autre, sans lui mentir sur la raison de sa présence, mais lui laisser la liberté d’entrer lui-même sur le terrain religieux. Il faut se défaire de l’ancien modèle où l’évangélisation était intrusive, invasive et persuasive. Les années de théologie à Montpellier et Paris reviennent à la surface pour évoquer la notion de moment opportun, celui de la rencontre où l’autre s’ouvre, demande, attend. Moment qu’il faut saisir et où il ne faut pas se dérober. Il ne faut pas forcer, ce n’est pas grave, précise-t-il, c’est un exercice d’humilité, c’est très étonnant. De fait, l’évangélisation ainsi comprise traverse de nombreux lieux d’engagements : ERF en Tour avec les équipes pastorales missionnaires, ou les vidéos de C’est aussi ça l’Église, où il a été à la rencontre de dix Églises pour filmer des projets innovants. Il ne s’agit que de petites nouveautés mais de risque réel. L’Église se met en danger, il y a une possibilité d’échec. La vidéo, il s’y est formé sur le tas au service TV de la Fédération protestante où il travaille. Il y a acquis le sens de l’image.

Sortir de sa zone de confort

La prise de risque de l’évangélisation modifie sa vision de ses différents engagements du Conseil presbytéral (il est membre de celui de la paroisse Saint-Denis) à la jeunesse. De cette dernière, que ce soit dans les camps, le scoutisme ou le voyage à Tahiti qu’il a accompagné, il dit que c’est le lieu où je vis le mieux l’Église. On sort des règles. Il y a dans la manière de s’approprier la Bible, la prière, la louange des jeunes, une vérité. C’est bouleversant. Sortir encore, avec l’aumônerie des prisons où il célèbre le culte deux fois par mois. Néanmoins, sortir du cadre ne veut pas dire être sans cadre. Depuis deux ans, Benjamin fait partie des membres observant de la fraternité spirituelle des Veilleurs. Une manière pour lui de redécouvrir la régularité de la prière tout en gardant cette liberté qu’il résume à partir de la règle de la Fraternité : en toute chose tu ne t’attacheras pas à la lettre mais à l’esprit.

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