De la méfiance à l’amitié

De la méfiance à l’amitié

Par le biais d’une démarche artistique, des collégiens d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) ont tissé des liens très forts avec des jeunes migrants réfugiés. Le pari n’était pas gagné d’avance dans ce fief du Front national…

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Publié le 27 septembre 2017

Auteur : Caroline Lehmann

« Un migrant c’est pas humain ; un migrant ça nous veut du mal… » Voilà ce qu’a entendu Claire Audhuy la première fois qu’elle a rencontré la classe de 3e du collège Gérard Philipe. La strasbourgeoise, auteure de théâtre documentaire, venait d’être mandatée par l’Éducation nationale et la Direction régionale des affaires culturelles pour mener à bien, de janvier à mai 2017, des projets pédagogiques visant à « ouvrir les horizons » des enfants et des adolescents des établissements scolaires de la Communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin. Loin de se laisser démonter, la jeune femme a préparé les jeunes à rencontrer des camarades issus de la classe de primo-arrivants originaires d’Afghanistan, du Tchad, d’Angola… « Pourquoi vous nous faites ça ? Je suis stressée à huit sur dix », réagit une élève angoissée juste avant la séance de prise de contact. Lors de cet atelier, les Français avaient à leur disposition du matériel de peinture et chacun était invité à faire le portrait d’un binôme étranger. « Au bout de vingt secondes, les uns et les autres se sont parlé ; quelques minutes plus tard, c’était la cohue, la glace était brisée », explique l’artiste. Les conditions étaient réunies pour écrire et monter une pièce de théâtre réunissant la trentaine de jeunes.

Au-delà des obstacles

Au final, un spectacle de trente-cinq de minutes, Bienvenue à Hénin-Beaumont, vu par près de mille personnes, a relaté le parcours des jeunes réfugiés mais aussi la façon dont les adolescents français ont pris conscience de leurs préjugés et les ont peu à peu dépassés. « Le groupe était très uni. On ne distinguait plus les Français et les étrangers », souligne Claire Audhuy tout en déplorant les nombreux obstacles dressés sur le chemin : censure du texte par le principal du collège ; menace de plainte par la municipalité FN, la pièce étant jugée trop connotée politiquement ; intimidations… Sans parler de certains jeunes en pleurs car leurs parents, membres du Conseil municipal, ont refusé de venir voir le spectacle. Il n’empêche, ce qui domine c’est une immense satisfaction : « J’ai vu la bienveillance naître dans les yeux de mes élèves, alors qu’au départ il n’y avait que méfiance et haine. Des liens se sont tissés et l’amitié, ça ne se détricote pas », conclut Claire Audhuy.

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