Éclectisme protestant

Hanta Rajaona est présidente du Conseil presbytéral de l’Église protestante unie de Saint-Quentin-en-Yvelines et nouveau membre du Conseil régional. Entretien.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 11 juillet 2017

Auteur : Eliane Humbert

Hanta, d’où viens-tu ?

Hanta Rajaona : De Madagascar. Je suis née dans une famille « protestante depuis toujours ». La première église luthérienne de Madagascar a été bâtie en 1867 à Betafo, la ville natale de mon père. Les missionnaires réformés, premiers arrivés, s’étaient installés à Antananarivo ; les missionnaires norvégiens, luthériens, sont donc allés plus au Sud. Ma paroisse d’origine est la première église luthérienne de la capitale. Il y a eu de nombreux pasteurs dans ma famille. L’Église protestante est mon milieu naturel, je suis née dedans et ne l’ai jamais quittée. C’est en grandissant que j’ai découvert qu’il pouvait y avoir d’autres choses !

Tu as poursuivi tes études en France ?

Oui, à Lille. Les protestants y étaient peu nombreux. Nous nous retrouvions souvent en petit groupe d’étudiants malgaches, protestants et catholiques. C’est ainsi que j’ai rencontré mon mari, anglican scolarisé chez les jésuites. Nous avons fréquenté une Église locale de la FPMA c’est à dire l’Église protestante malgache de France(1), créée dans les années 1950 par des étudiants. Une Église luthéro-réformée, membre de la Fédération protestante de France.

Quand es-tu arrivée à Saint-Quentin-en-Yvelines ?

Lorsque mon mari a trouvé du travail en région parisienne. Nous avons un peu fréquenté la FPMA, mais il fallait aller à Paris le dimanche après-midi… Nous l’avons fait un peu, puis nous avons rejoint l’église locale, l’ERVYS (Église réformée de Versailles et Yvelines Sud), dont un « secteur » se réunissait à Guyancourt. Nous avons été très bien accueillis. Au bout de quelques années, son président m’a demandé de participer au Conseil de secteur. J’ai répondu positivement, mais je ne souhaitais pas faire plus car nos deux enfants étaient encore petits.

En 2002, l’ERVYS s’est divisée en trois paroisses…

…et le Conseil de secteur est devenu Conseil presbytéral de la nouvelle Église réformée de Saint Quentin-en-Yvelines(2) (ERSQY). À l’époque, la présidente de ce Conseil avait annoncé qu’elle resterait jusqu’à la construction du temple, qui a été achevé fin 2010. C’est alors que le pasteur m’a demandé de prendre le relais… et l’aventure a commencé. Mais ce n’est pas une contrainte, c’est un réel plaisir.

Comment concilies-tu cette responsabilité avec ton activité professionnelle ?

Je travaille géographiquement tout près, ce qui est un gros avantage et me permet de me rendre assez disponible. Je ne perds pas de temps en transports et j’arrive à m’organiser. J’ai la chance de côtoyer des personnes d’exception dans cette paroisse. Même s’il y a parfois des difficultés, il y a une volonté de travailler et d’avancer ensemble. Les gens sont assez actifs, ce qui facilite toute réalisation… bien que ce soit un peu toujours les mêmes ! Et puis il y a la Fraternité Mission populaire de Trappes, qui est une forme de témoignage où nombre de paroissiens sont engagés. Être chrétien, ce n’est pas seulement pour soi, c’est une force qui anime, qui nous propulse dehors pour agir. Témoigner ce n’est pas forcément crier sur le trottoir, c’est une manière d’être, c’est promouvoir la fraternité, la paix, la justice aussi.

Tu n’es pas écartelée entre ta paroisse et la FPMA ?

Non, je ne pense pas. Quand j’ai envie de chanter en malgache, je peux rejoindre la FPMA qui se réunit dans notre temple le dimanche après-midi. D’ailleurs, nous faisons des fêtes et des célébrations ensemble et nous essayons de mutualiser des activités jeunes. La FPMA rassemble des malgaches de toute la région. Être membre de l’Eglise protestante unie locale me donne l’occasion de connaitre et de vivre autre chose. L’EPUSQY réunit des gens qui vivent ici, de tous horizons, de divers pays francophones et au-delà. C’est une Église de proximité, une communauté qui accepte les différences et où règne une certaine liberté. Il n’est pas nécessaire d’être dans un moule et je trouve ça très important. Je me sens bien dans cette Église, je suis dans mon élément.

(1) Certaines communautés malgaches en France dépendent directement de l’Église réformée de Madagascar (FJKM) ou de l’Église luthérienne de Madagascar (FLM).
(2) Devenue depuis l’Église protestante unie de Saint Quentin-en-Yvelines (EPUSQY)

Presse régionale protestante

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