HISTOIRE

Le musée-presbytère du pasteur Oberlin

L’histoire du Musée Oberlin et de son projet de développement est étroitement liée à celle du presbytère de Waldersbach. Par Fabien André, pasteur à Neuviller-la-Roche et au Musée Oberlin.

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Publié le 19 novembre 2021

Le pasteur Jean-Frédéric Oberlin (1740-1826) a exercé son ministère à Waldersbach, dans le comté du Ban de la Roche, sur le versant ouest du Champ du Feu. Son œuvre atypique peut s’apparenter à une quête de sens et du juste milieu. Elle devait contribuer à la création d’une société qu’il souhaitait renouveler tant dans ses valeurs que ses réalisations. Pour améliorer les conditions de vie des habitants du Ban de la Roche, il met en œuvre un véritable programme de développement économique et social.

C’est le baron Jean de Dietrich qui a fait construire le presbytère de Waldersbach en 1787 d’après les plans qu’avait tracés Jean-Frédéric Oberlin. Jusque-là, les pasteurs vivaient dans ce qu’Oberlin appelait la ratière : « une hutte qu’un paysan un peu aisé de nos plaines de campagne aurait daigné habiter ». Les vestiges de cette ratière sont encore visibles actuellement dans la cour du presbytère.

Dès son installation, le pasteur Jean-Frédéric Oberlin y aménage un « cabinet de curiosités » qu’il aimait montrer à ses visiteurs : « Les murs sont couverts de tablettes chargées de livres. Plusieurs portraits de pasteurs sont suspendus, sur un meuble (…) sont placées deux têtes de morts (…) [et] un cadre de pierres fausses. » Un autre visiteur précise : « Sa chambre d’étude se distingue par ses ornements, on y voit une petite collection de livres attractifs, des tableaux, des portraits d’hommes fameux, d’insectes, d’animaux de représentations peintes des minéraux, des pierres précieuses, faunes… des représentations mystiques du monde à venir… »

Et le cabinet d’étude devint musée

À la mort du pasteur, une partie de ses collections est présentée dans un « cabinet d’étude » qui occupe une partie du rez-de-chaussée. En 1926, les deux salles à gauche de l’entrée sont transformées en salles d’exposition ; en 1958, après la constitution du comité de surveillance et de conservation du Musée Oberlin, le presbytère devient un musée. En 1961, il compte trois salles d’exposition et tout le rez-de-chaussée dès 1969.

Cette extension va de pair avec un nombre croissant de visiteurs. Elle implique aussi pour les pasteurs, un espace de vie privé de plus en plus réduit. En 1989, le pasteur en poste quitte le musée-presbytère pour préserver sa vie familiale. Après son départ, aucun autre pasteur ne s’y installera plus. Le comité de surveillance et de conservation du musée Oberlin prend alors le nom d’Association du Musée Oberlin avec pour objectif « de faire connaître la vie et l’œuvre du pasteur Jean-Frédéric Oberlin, le vécu des communautés paroissiales, ainsi que l’histoire et des traditions populaires du Ban de la Roche » (extrait des statuts de 1989). En 1989, le musée obtient donc, de la direction des Musées de France, le statut de musée contrôlé et Malou Schneider en devient la conservatrice.

Après le succès de l’exposition Jean-Frédéric Oberlin, le divin ordre du monde (1740-1826) proposée à Strasbourg en 1991, l’Association du Musée Oberlin et la Communauté de communes de la Vallée de la Bruche entament la rénovation du musée-presbytère. En 2002, un nouveau musée ouvre ses portes et permet aux visiteurs de découvrir le cabinet de curiosités de Jean-Frédéric Oberlin, mais aussi son herbier, les outils pédagogiques et scientifiques de géographie, d’histoire naturelle, de mathématiques, les jouets employés dans les écoles qu’il avait créées, et tant d’autres choses témoignant de sa vie spirituelle et de la richesse de sa vie sociale.

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