Les tuyaux de la Rédemption

Les tuyaux de la Rédemption

L’orgue de l’église luthérienne de la Rédemption, dans le 9e arrondissement de Paris, va retrouver le son de ses plus belles heures.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 23 mars 2019

Auteur : Raphaël Georgy

C’est un si petit orgue pour une si grande église. Le contraste est frappant. « Il me fait penser à un orgue de couvent, s’étonne François Delangue, 43 années passées dans le ventre de ces monstres, et installé près d’Arc-et-Senans (Doubs). Autant les orgues en Allemagne sont costauds, autant les orgues protestants parisiens sont très doux. Celui-ci a été conçu comme si on ne voulait pas qu’il couvre le chant de l’assemblée ». Quatre semaines de travail auront été nécessaires pour dépoussiérer, nettoyer, entretenir, installer un moteur neuf et réaccorder à la main les 1054 tuyaux de la bête. En 1844, l’orgue de l’église de la Rédemption est un des premiers réalisés par le facteur d’orgue Aristide Cavaillé-Coll, mondialement connu, à peine monté à Paris. L’église, elle, est une ancienne halle de déchargement, ce qui explique ses dimensions généreuses. Après des travaux, le consistoire luthérien l’adopte comme nouveau lieu de culte.

Le luthéranisme s’étend à Paris. La paroisse peut compter sur le soutien financier de la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin, luthérienne convaincue. L’église voit passer des familles en pleine ascension sociale. La famille Cuvier, fraîchement issue du Pays de Montbéliard, qui lui donne son premier pasteur et inspecteur ecclésiastique Rodolphe Cuvier. Son cousin éloigné, le savant naturaliste Georges Cuvier, luthérien de Montbéliard, fréquente l’église des Billettes, près de l’Hôtel de Ville, mais son cercueil sera exposé à la Rédemption pour permettre aux foules d’anonymes de lui rendre un dernier hommage. La paroisse sera aussi honorée de la fréquentation du baron Haussmann, qui dirigea les transformations de Paris sous Napoléon III.

Une accablante simplicité

Ces personnalités que le monde couvrait de gloire et d’honneurs se retrouvaient le dimanche dans un lieu d’une accablante simplicité. Pour preuve, l’orgue de Cavaillé-Coll ne compte lors de son inauguration que 8 à 10 jeux. Cette simplicité était-elle voulue ? Martin Luther luimême se méfiait de tout ce qui, dans la liturgie, pouvait divertir le fidèle. Ou pire, le décourager à chanter si l’orgue jouait trop fort. Il l’a même qualifié un jour de « mugisseur sans intelligence ». Le réformateur voyait l’orgue comme un divertissement trop agréable pour accompagner et enjoliver le culte : « Nous avons des orgues à cause de la jeunesse, comme on donne aux enfants des pommes et des poires ». Tout est dit. Le culte  se limitera donc au strict nécessaire. Ou peu s’en faut.

En 1912, le successeur de Cavaillé- Coll, Charles Mutin, est sollicité par la paroisse pour agrandir l’orgue. Il double le nombre de sonorités. Mais toujours pas de quoi faire trembler les murs de l’église. Avant les travaux de François Delangue, l’orgue n’avait pas été révisé depuis soixante ans. D’ici quelques semaines, une fois le nouveau moteur installé, l’orgue retrouvera sa puissance originelle. Le public pourra l’entendre à nouveau dans les prochains mois, comme il se doit, lors d’un concert inaugural. Une chance pour cette paroisse où pourrait être ouvert un nouveau poste de pasteur dont la mission serait de permettre aux habitants et aux nombreux salariés qui travaillent à proximité un temps de méditation de prière, et d’ouvrir cette église au cours de la semaine.

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