Portrait de Françoise Greiner

Portrait de Françoise Greiner

Née à Paris en 1928 et issue d’une famille de pasteurs, Françoise Greiner s’est mariée… à Albert, pasteur de son état ! Récit d’une vie marquée par l’art et un engagement fort.

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Publié le 20 octobre 2017

Auteur : Marie du Fontenioux

Tu approches 90 ans… Et je t’ai presque fait courir tout à l’heure ! Cette vitalité est un don de la nature ou un cadeau de Dieu ?

Une grâce de Dieu : peut-être a-t-il encore besoin de moi ?

Où as-tu grandi ?

Dans le VIIIe arrondissement de Paris. Notre paroisse était La Rédemption, 16 rue Chauchat, fréquentée par des familles tout à fait patriciennes, et des gens plus modestes, très fidèles. Le quartier s’est depuis tertiarisé et ces familles avec enfants sont parties vers l’Ouest parisien.

Tu viens d’une famille de pasteurs ?

Mon père n’était pas pasteur, mais ses frères, son père, son oncle et son grand-père paternels l’étaient ! Mon arrière-grand-père fût un des premiers titulaires de la paroisse des Billettes, assez récemment attribuée par Napoléon Ier à notre Église. Du côté de sa mère, c’était une famille industrielle venue d’Angleterre pour importer les techniques d’acier fondu, et qui vouait un grand attachement à l’Église. Mon arrière-grand-mère évoquait « sa chère Mission Intérieure ». Sont aussi pasteurs un de mes frères, certains de mes cousins. Les parents de ma mère étaient d’origine allemande, issus aussi d’une famille fidèle à l’Église luthérienne.

Et puis tu épouses un pasteur, Albert Greiner*…

Après-guerre, il animait le groupe de jeunes dans une paroisse nouvelle de banlieue, Combault. Je me suis mariée jeune, dès qu’il a été ordonné, nous avons eu trois enfants assez proches. Notre première paroisse fut SaintDenis. L’évangélisation consistait entre autres à rentrer dans les maisons. Nous rencontrions des communistes, certains avaient été enfants de chœur ! Âgée d’à peine 20 ans, épouse, mère et femme de pasteur, je n’avais pas de mode d’emploi. Il y avait des femmes de pasteurs dans ma famille, mais l’époque ou l’éducation reçue faisaient que l’on verbalisait peu ses interrogations. L’âge m’a délivrée de cette timidité ! J’ai appris de nouvelles dimensions de la prière, que deux simples mots peuvent être une ardente supplication tout comme des cris de détresse adressés à notre Seigneur. Ce fut à l’occasion d’un début de guérison physique, au grand étonnement du chirurgien. Nous avons revu ensuite l’organisation de notre ministère familial et ecclésiastique.

Y a-t-il une période qui t’a marquée ?

Pour moi, la période la plus lumineuse de notre ministère fut la création de la paroisse de Massy. Arrivés en famille au milieu des champs, tout était à faire : tirer les sonnettes au fur et à mesure des constructions de nouvelles habitations, rassembler les nouveaux paroissiens et catéchètes d’abord dans notre salon, puis aussi dans un appartement prêté. Enfin, ne pouvant plus tenir, ce fut la construction de l’église, avec la dédicace fixée sans attendre, à une période où il gelait à pierre fendre, avec les effets que l’on peut imaginer sur les peintures fraîches… mais nous avions enfin un lieu de culte.

Où en es-tu aujourd’hui ?

Je suis vice-présidente de la paroisse Trinité-St Marcel, à Paris. Je ne sais pas si mon engagement d’Église a fondamentalement changé avec cette fonction… un petit peu d’autorité lorsqu’il faut faire avancer les choses ?

Tu mets à la disposition de l’Église tes dessins et aquarelles. Les dernières œuvres ont été créées pour la fête de Pâques dernier. Ton talent est un cadeau de la nature ou un don de Dieu ?

Un don de Dieu, il savait qu’il me fallait un « hobby » pour me ressourcer, je dessinais pendant les vacances, en gardant les enfants…

Ce n’est pas un don pour l’évangélisation ?

Si, mais c’est évident.

* Albert Greiner fut inspecteur ecclésiastique de 1962 à 1976, et actif dans l’Inspection et ses paroisses, jusqu’il y a quelques années. Il nous a quittés en 2013.

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