EN CHANTIER

Très chères églises

Alors que les paroisses hésitent de plus en plus à entretenir leurs églises, l’air est à de nouvelles politiques et à de nouvelles voies de financement des chantiers.

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Publié le 7 mars 2022

Auteur : Claire Gandanger

Dans une enquête de l’Uepal menée en 2018, les paroisses protestantes d’Alsace et de Moselle déclaraient en mauvais état plus d’une quarantaine de leurs églises et temples. 30% des édifices protestants n’avaient pas encore entamé de mises aux normes en matière d’accessibilité. Leurs besoins de travaux les plus pressants concernent le chauffage et l’isolation thermique. Pourtant, les chantiers sont de moins en moins nombreux.

En 2018, un tiers des paroisses se projetait dans des travaux à venir d’ici 2019 ; contre moins de 10 % à l’horizon 2022. Entre temps, la tendance s’est confirmée avec la pandémie. «Nous sommes dans une période d’hésitation», observe Lysiane Collon-Bender, directrice des services de l’Uepal. « Les paroisses estiment qu’elles n’ont pas les moyens de s’engager, parfois sur plusieurs années. » Deux projets de travaux annoncés à l’ESP sur dix n’aboutiraient pas à une demande officielle d’aide à cette instance de solidarité financière de l’Uepal, faute de plan de financement.

Si les travaux sur les églises luthériennes bénéficient d’un tiers de participation des municipalités, celle-ci tombe à 14,5 % pour les temples réformés, plus rarement propriétés des communes. Que les édifices appartiennent ou non à ces dernières, l’entretien des intérieurs ne leur incombent pas. C’est pourtant aujourd’hui le premier besoin des paroisses. De manière générale, la baisse de ressources des collectivités réduit à peau de chagrin les sommes qu’elles mettent à disposition.

« Le monde change. Il nous faut trouver d’autres moyens », martèle Marc Seiwert, qui porte DéFi (Développement financier et patrimonial), le nouveau dispositif de l’Uepal de soutien aux projets des paroisses. Le chargé de mission les encourage à la créativité pour inventer des événements porteurs de bénéfices. La Fondation du patrimoine peut subventionner des projets, sur sélection et à hauteur d’une levée de fond parallèle. Depuis 2008, la Fondation Uepal aide les paroisses à collecter des dons, et mêmes des gros, en offrant des avantages fiscaux convaincants, grâce à la Fondation du protestantisme qui l’abrite.

Nouveau carnet d’adresse

« La recherche de fonds est un métier », reconnaît Marc Seiwert, conscient de l’énergie qu’une telle tâche peut demander à des bénévoles. L’Uepal est en plein recrutement d’un professionnel du domaine, dont le poste sera adossé au réseau Défi. « Il y a toute une base de données à constituer », rapporte Marc Seiwert, alors que le carnet d’adresses de l’Uepal se limite pour l’heure aux élus.

Le mécénat d’entreprise en est à ses balbutiements. Moins d’une dizaine de legs profite chaque année à des paroisses de l’Uepal. « Il y a là un vrai potentiel et une communication à faire pour les encourager », annonce Marc Seiwert. Les avantages fiscaux des établissements publics du culte en Alsace et en Moselle leur permettent de percevoir les legs en direct, en passant par un notaire.

L’Uepal a cependant un regard dessus. Comme pour les aides de l’ESP, plafonnées à 20000 euros. Leur politique est d’inciter les paroisses à inscrire leurs travaux dans un projet de vie plus large. Elle s’est accentuée avec l’entrée en fonctionnement de DéFi. Si la plupart des demandeurs d’autorisation de legs et de financement de travaux sont informés en amont de ces conditions, il arrive que les décisions soient ajournées. Les paroisses sont alors renvoyées vers un accompagnement de DéFi.

La majeure partie des paroisses de l’Uepal détient plusieurs lieux de culte. Beaucoup trop, assume Marc Seiwert. « Il faudra faire des choix. » Pour l’Uepal, se séparer d’églises annexes plutôt que de s’engouffrer dans de lourds travaux d’entretien ne doit plus être un tabou.

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