Une clinique interconfessionnelle

Une clinique interconfessionnelle

La pasteure Annette Goll, sœur Claudine Ribstein et le rabbin Claude Spingern ont mis six ans à imaginer la nouvelle identité interconfessionnelle de la clinique Rhéna à Strasbourg. Avec un lieu de recueillement tout en simplicité et sobriété.

Un contenu proposé par Le Nouveau Messager

Publié le 11 septembre 2017

Auteur : Claire Gandanger

« Merci pour ce lieu qui nous permet de nous remettre en question. Cette paix nous permet de sortir du stress de la vie quotidienne », peut-on lire parmi d’autres témoignages dans le livre d’or. « Merci Seigneur pour mon opération. J’espère que je sortirai guérie de cette clinique. » La sobriété du lieu, à l’entrée de la nouvelle clinique, permet à chacun de venir, avec ce qu’il est, se recueillir un temps hors du bouillonnement de l’hôpital. Aucun symbole religieux ne s’y affiche. Au centre de la pièce, un lutrin à trois pieds rappelle les trois cliniques d’origine, Sainte-Odile, les Diaconesses et Adassa. Il porte le livre des psaumes et des proverbes. Face à l’entrée, une colonne est recouverte de feuilles d’or vert. « Nous aimons l’idée que l’on reste reliés à l’extérieur », confie Annette Goll, « par le jeu des ombres des passants à travers les vitraux aussi. Cela permet que, quand on sort, le retour au quotidien de l’hôpital ne soit pas trop brutal. »

Les trois religieux ont fondé l’association Rhéna Accompagnement, fédérant les associations investies dans le soutien aux malades à Rhéna. Elle administre l’espace 3R, qui réunit le lieu de recueillement et un espace de rencontre où les malades et leurs proches peuvent croiser aumôniers et bénévoles. « Aujourd’hui, on ne conçoit plus qu’un aumônier travaille seul dans son coin », défend Claude Spingern. « Nous voulons englober les douleurs spirituelles et physiques des patients. »

Les trois « complices » ont étudié des lieux interconfessionnels dans des hôpitaux parisiens, des aéroports… « Nos collègues nous ont mis en garde sur la cohabitation pas toujours simple dans ces lieux partagés », raconte Annette Goll. « Souvent le parti pris est de faire des niches confessionnelles ou de distinguer les temps de chacun avec des jeux de rideaux et de portes. À l’hôpital, on est unis contre la maladie et la mort. Nous n’avons pas souhaité y injecter de barrières. »

Des vitraux minéraux

« Historiquement, les trois cliniques avaient chacune leur lieu de culte », renchérit Claude Spingern. « Nous avons voulu rompre avec cela et travailler de manière transversale. Nous avons nos lieux de culte ailleurs. Les chambres de la clinique sont presque toutes individuelles. La prière y est donc possible », complète le rabbin. « Toute personne, qu’elle soit juive, chrétienne, musulmane, bouddhiste ou même athée, doit pouvoir se sentir bienvenue dans cet espace à tout moment, sans qu’il y ait un horaire pour chaque culte comme on l’a vu ailleurs. »

L’artiste strasbourgeois Daniel Schlier a pensé la transversalité jusque dans le choix des vitraux. « J’ai mesuré la ligne de crête très fine quant à la symbolique divergente des images figuratives dans les trois cultures », se souvient-il. Il a donc préféré convoquer l’abstraction des ancêtres des vitraux : les fines plaques d’albâtre laissant passer la lumière, dont des témoignages sont encore visibles à Augsbourg, en Allemagne. « C’est l’idée que Dieu est caché dans la nature et qu’il faut découvrir son immanence », interprète Daniel Schlier qui a utilisé des fines plaques d’onyx.

La plus grande, contre le mur intérieur de la pièce, est gravée d’un passage du premier livre des Rois de l’Ancien Testament qui rapporte un épisode de l’histoire du prophète Élie. « Quand vous êtes dans la maladie, vous êtes dans un feu, quand vous apprenez une mauvaise nouvelle, vous subissez un tremblement de terre », file Annette Goll. « Mais Dieu n’est pas celui qui foudroie et envoie la maladie. C’est celui qui se dévoile dans un silence subtil. »

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