Une pastorale, à quoi ça sert ?

Une pastorale, à quoi ça sert ?

En région parisienne, les pasteurs de l’Église protestante unie ont la possibilité de se retrouver tous, deux fois par an : au mois de septembre et au mois de juin.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 9 juin 2019

Marc-Henri Vidal, pasteur de l’EPUdF à Enghien-les-Bains ayant exercé aux États-Unis, présente sa vision de la pastorale.

Marc-Henri, aviez-vous des lieux de rencontre à Washington ?

Les montagnes ont leurs montagnards, la mer a ses baigneurs, et les pastorales des pasteurs. Lorsque j’étais responsable de l’Église protestante francophone de Washington, je souffrais un peu d’isolement. Il y avait bien le curé de la paroisse catholique française, mais une pastorale à deux, vous avouerez que c’est un peu maigre. On avait pourtant essayé une pastorale inter-protestante pluriconfessionnelle francophone, mais les horaires des uns et des autres (pour cinq paroisses !) ont fait échouer le projet. Il faut de la volonté. En France, c’est tout le contraire, ça se bouscule au portillon. Pastorale consistoriale, pastorale œcuménique, rassemblement inter-églises, pastorale inter-protestante, Conseil chrétien d’Eglises, pastorale fédérative, feu pastorale sectorielle, et j’en passe. Mais le summum, l’apogée, le climax, c’est bien la grande pastorale régionale des pasteurs de l’Église protestante unie du mois de juin. Deux nuits et trois jours, tous frais payés, buffet à volonté, une agence touristique ne ferait pas mieux.

Selon vous, à quoi sert cette pastorale ?

Dans nos vies stressées, aux agendas pressés, où l’on se sent continuellement poussé, prendre le temps de prendre le temps, voilà le secret du bonheur. Et là, c’est le grand défi. Pas quelques heures à mettre de côté, une demi journée à réserver, voire une journée à consacrer, mais bien trois jours pour ressusciter. Nous savons tous qu’il ne faut pas sauter nos jours de congé, qu’il ne faut pas se croire indispensable, qu’il faut savoir dire non. Et pourtant, nous sommes bien souvent coupables de ne pas le faire. Un temps de silence dans nos cultes et on le remplit de bruit. Pourtant, il y a des silences qui parlent. Un temps de prière, yeux ouverts ou fermés, et la porte qui s’ouvre : « Ah. Puisque vous ne faites rien vous pourriez aider à… ». Une absence de notre part et, croyez-le ou non, le monde ne s’arrête pas de tourner. Alors, prenons le temps de prendre le temps de nous ressourcer. Recevoir, s’ouvrir, être spirituellement nourri. On ne peut donner aux autres que ce que l’on reçoit soi-même. Accepter, le temps d’un instant, d’avoir besoin de l’autre, d’être nourri par l’autre, de ne pas être auto-suffisant. Il y a, dans certaines théories du management, trois principes de base pour qu’une équipe de travail fonctionne bien. Ouverture de communication, unité d’objectif et énergie de défoulement. Voilà une autre raison de cette pastorale : le défoulement ! Se retrouver entre potes ou confrères, consœurs. Déguster du paroissien rôti pour le déjeuner. Eux, ils mangent bien du pasteur rôti le dimanche midi ! Partager des anecdotes de funérailles. Que Dieu nous pardonne. Reconstruire le monde et nos paroisses. Rêver d’un christianisme idéal, d’un monde meilleur. Se confronter, se frotter, s’affronter en des joutes symboliques. Sourire de nos différences. Écouter nos malheurs. Croire en Dieu, espérer en l’autre et vivre l’amour. Partager un verre le soir et un café le matin. Changer de rythme et de saison. Car nous reprendrons bien assez vite la route, ou la course effrénée, de nos ministères.

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