Le livre des Juges

Le livre des Juges

Le livre des juges se présente comme une série de cycles en cinq temps qui se répète à plusieurs reprises... Récit n° 12/50 du parcours « La Bible en 50 pages », par le théologien Antoine Nouis.

Un contenu proposé par Regards sur la Bible

Publié le 28 juin 2019

Auteur : Antoine Nouis

Lorsque les Hébreux se sont installés en terre promise, ils ont commencé par vivre selon le régime de l’amphictyonie qui est une confédération de tribus indépendantes, en l’absence de pouvoir central.

Le livre des juges se présente comme une série de cycles en cinq temps qui se répète à plusieurs reprises :

  • Les Hébreux oublient leur originalité et se laissent influencer par les autres peuples en adorant des idoles.
  • Des ennemis se lèvent et menacent le pays.
  • Le peuple se repent et se tourne vers Dieu.
  • Dieu entend le cri de son peuple et lui envoie un juge qui fédère le peuple et le délivre de ses ennemis.
  • Le juge rentre dans sa tribu et le peuple retrouve la paix pour un certain temps jusqu’au renouvellement d’un nouveau cycle.

Le juge n’occupe pas une fonction héréditaire ni permanente, c’est un homme, ou une femme, qui est appelé ponctuellement pour résoudre un problème.

La Bible présente trois juges qui ont bien rempli leur rôle. Éhoud qui était infirme, Déborah qui était une femme, et Gédéon. À la fin du cycle de Gédéon, le peuple lui propose de devenir roi[1], mais il refuse car il veut rester dans l’esprit des Juges qui sont appelés pour une tâche limitée dans le temps.

Dans ses vieux jours, Gédéon se laisse corrompre par l’amour de l’argent, et après lui, les juges commencent à moins bien se comporter. Jephté est superstitieux et fait un vœu qui le conduit à sacrifier sa fille. Samson se comporte comme un nigaud et dans la dernière partie du livre des Juges, les tribus font n’importe quoi. Sous prétexte qu’un membre de la tribu de Benjamin s’est mal comporté, tous les Benjaminites sont tués, ce qui relève plus de la vengeance que de la justice, puis la tribu est artificiellement reconstituée avec des femmes qui ont été enlevées contre leur gré.

La même phrase revient à plusieurs reprises dans ces derniers chapitres : « En ces jours-là, il n’y avait pas de roi en Israël[2]. » Cette remarque sonne le glas d’une utopie : lorsqu’il n’y a pas de pouvoir central pour organiser la justice, le chaos s’installe progressivement.

[1] Jg 8.23.

[2] Jg 17.6, 18.1, 19.1, 21.25.

La force et la justice

Le mot juge vient d’une racine hébraïque qui signifie exercer le droit, mais aussi exercer un pouvoir. La première responsabilité d’un chef est d’exercer la justice. Le conflit étant inhérent à la vie collective, la manière dont la justice est rendue est un critère qui permet de juger un État.

Blaise Pascal a dit : « La justice sans la force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique. » Il ajoutait : « Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste. »

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