Vers de nouveaux symboles religieux ?

Vers de nouveaux symboles religieux ?

Le langage symbolique du christianisme est nécessaire pour parler de ce qui dépasse l’homme, mais les symboles religieux doivent être compréhensibles par ceux auxquels le langage s’adresse. Ils doivent donc évoluer dans le temps et dans l’espace.

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Publié le 9 mars 2014

Auteur : Andreas Rössler

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De nouveaux symboles religieux, à la fois contemporains, éclairants, enthousiasmants, peuvent-ils prendre forme aujourd’hui ? Des symboles authentiques et de bon teint ne s’élaborent pas sur une planche à dessin. Pour s’imposer, il faut qu’ils soient « engendrés ». On ne peut pas supprimer d’anciens symboles dûment conservés sans les remplacer par d’autres. Les anciens et les nouveaux symboles se complètent et s’expliquent les uns par les autres. Les symboles peuvent certes aussi « mourir » : c’est le cas quand ils ne sont plus ancrés dans une expérience individuelle et communautaire.

Les symboles sont nécessaires

Selon Paul Tillich (1886-1965), toutes les expressions ou représentations concrètes et spécifiques de l’Inconditionnel ou de l’Absolu sont à comprendre comme des symboles ou des paraboles. Les mystères de l’existence, nous ne pouvons les approcher qu’à tâtons. Ils dépassent notre capacité de compréhension. Nous ne pouvons parler de Dieu qu’en méditant sur lui et en nous aidant de briques empruntées à notre expérience de l’espace et du temps. Nous ne pouvons évoquer ce qui échappe au domaine spatio-temporel qu’avec les catégories de l’espace et du temps.

En principe, tout ce qui est d’ordre terrestre peut constituer un symbole. Une personne peut devenir symbole, par exemple Jésus de Nazareth. Ou un événement, comme la crucifixion de Jésus. Ou des faits historiques, par exemple négatifs comme Auschwitz, Hiroshima, Fukushima, ou positifs comme Lambaréné. Ou des phénomènes naturels comme un arc-en-ciel. Ou des représentations mythologiques ancestrales, comme la naissance virginale d’un héros. Ou une idée, comme celle de la Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Le « matériau du symbole » renvoie bien au-delà de lui-même à un « contenu du symbole ».

Une chose devient symbole quand elle acquiert une signification et une force particulières, parfois même négatives, pour un groupe donné d’êtres humains. À travers le symbole transparaît quelque chose de vraiment valable et significatif. Dans le cas du symbole religieux, c’est le mystère divin qui transparaît en lui – un mystère qui ne peut être exprimé que sous forme symbolique.

Quels nouveaux symboles ?

De nouveaux symboles religieux ont-ils leur place dans le cadre du christianisme ? Tillich, justement, a élargi le symbole de Dieu considéré comme le « Père » : « Pour nous, Dieu n’est pas seulement un père et une mère, mais aussi un enfant. » Si cette formulation symbolique devait retenir l’attention, elle pourrait devenir un nouveau symbole religieux : « Dieu est Père, Mère et Enfant. » En tant que libres croyants, nous ne devrions pas avoir de difficulté à l’accepter.

Un symbole religieux relativement nouveau est celui de la « mort de Dieu », que Friedrich Nietzsche (1844-1900) a été le premier à proposer. Mais il ne peut être repris en contexte chrétien que si le Dieu en question n’est pas mort à proprement parler, car le véritable arrière-fond de toutes choses et de tous les êtres ne peut pas mourir. Cette expression n’a de sens que dans une atmosphère d’indifférence religieuse où beaucoup de gens ont expulsé de leur conscience non seulement Dieu, mais aussi toute question à son endroit. […]

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