Le bonheur comme indice sociétal

Le bonheur comme indice sociétal

Le 20 mars, c’est la journée internationale du bonheur. Mais peut-on le mesurer et en faire un indice de qualité de vie dans une société ?

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Publié le 20 mars 2018

Auteur : Laurence Roux-Fouillet

Le bonheur comme indice de bien-être dans une société ? Vaste programme ! Cette idée a pourtant été initiée dans les années 1970 par le roi du Bhoutan, un petit royaume asiatique coincé entre la Chine et l’Inde, qui souhaitait prendre en considération les valeurs bouddhistes dans la gouvernance de ses sujets.

Il créé le « bonheur national brut », un indice qui mesure le niveau de bonheur des individus en prenant en compte quatre critères : la croissance et le développement économique, la conservation et la promotion de la culture, la sauvegarde de l’environnement et l’utilisation durable des ressources et enfin la bonne gouvernance responsable.

Dans les années 1980, des économistes canadiens, et la revue française l’Expansion, définissent le « bonheur intérieur net » (BIT), en partant du paradoxe d’Easterlin – un économiste américain – qui établit une absence de corrélation entre le développement économique d’un pays et le sentiment de bien-être de ses habitants. L’un et l’autre n’ont rien à voir : on peut être développé, riche…et malheureux. Le BIT tient compte d’indicateurs comme la consommation moyenne par habitant, l’égalité sociale, la sécurité économique mais aussi le capital humain. Selon ce calcul, le niveau de bien-être des Français était à son maximum en 2001 (il décline légèrement depuis, ce qui ne surprendra personne…).

En 2009, le magazine Psychologie mène une grande enquête sur le bonheur, qui fixe le « bonheur intérieur brut moyen » des Français à 21 (sur une échelle de 5 à 35). Un niveau de bien-être plutôt élevé, qui amène le psychiatre Christophe André à positiver ce résultat, en encourageant à établir parfois le constat que « la société va mal, mais moi je vais plutôt bien ». Ce qui permet d’aborder plus sereinement les événements en temps de crise, sans passer pour un imbécile… heureux.

Il y a un an tout juste, le centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) de l’Ecole d’économie de Paris publiait les résultats d’une étude sur le ressenti des Français, en collaboration avec l’Insee, sur la base de 2000 foyers interrogés. Un réel pessimisme dans l’avenir se dégageait de l’opinion des Français, que ce soit pour leur avenir ou pour celui de leurs enfants. D’ailleurs selon l’ONU la France se classe en 23ème position quant au bonheur ressenti – l’équivalent « qualité de vie » du froid ressenti – loin derrière des pays nordiques : Finlande, Norvège, Danemark (quand on vous dit qu’il est temps de se mettre au hygge !).

Depuis 2012, l’OCDE a mis en ligne une interface pour permettre à chacun de mesurer son bien-être et sa qualité de vie, en fonction de ses attentes et des critères importants pour lui, selon 11 critères du « vivre mieux ». On peut ainsi comparer son niveau de bonheur à celui des autres habitants du globe.
Mais le bonheur est une quête – pour ne pas dire une course – souvent qualifiée d’individualiste, voire égocentrée – pour ne pas dire narcissique. Les marchands de bonheur nous promettent aujourd’hui le bien-être facile grâce à la consommation ou la sublimation de soi – le développement personnel. Ainsi, la recherche d’un bien-être individuel se ferait aux dépends de celui des autres, et aurait remplacé la quête de spiritualité. Or il est des dimensions du bonheur que l’on peut explorer en restant connecté aux autres. Telles sont la gratitude, l’altruisme, l’empathie, la solidarité… Toutes choses qui nous permettent de nous tourner vers les autres, en nous sentant heureux.

Quelques citations sur le bonheur :

Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir (Actes, 20, 35)
Un seul bonheur existe dans la vie : aimer et être aimé (Georges Sand)
Le chemin vers le bonheur, c’est l’altruisme, le désir d’être au service du bien-être des autres. (Dalaï Lama)
Le bonheur est souvent la seule chose que l’on puisse donner sans l’avoir et c’est en le donnant qu’on l’acquiert. (Voltaire)
Pour être heureux, il faut penser au bonheur d’un autre. (Gaston Bachelard)
Ni l’or ni la grandeur ne nous rendent heureux. (Jean de La Fontaine)

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