Les anges. Soit ils interprètent pour les hommes la volonté supposée de Dieu, soit ils agissent eux-mêmes auprès des hommes selon la volonté de Dieu.La Bible est le meilleur témoin de ce rôle ambivalent que tiennent les anges dans le rapport de l’homme à Dieu. En faisant appel aux anges, elle met en lumière des vérités religieuses de grande portée générale. Dieu est le maître du monde et la condition de l’homme est précaire. Les anges occupent cet espace où l’homme se sent fragile et démuni face à un Dieu dont la toute puissance supposée peut susciter la crainte mais aussi l’espoir d’une vie meilleure. Ils ne chôment donc pas étant donnée leur position : quelle que soit la situation de l’homme, ils sont convoqués. C’est pourquoi on les retrouve présents, non seulement dans les textes sacrés, mais aussi dans la culture contemporaine. Rappelons-nous l’ange de bon conseil ou l’ange de la tentation qui entourent le capitaine Haddock dans les albums de Tintin, ou encore, à la télévision, la série intitulée Joséphine, ange gardien. Sans oublier, bien sûr, les représentations dans l’art du vitrail, de la peinture, de la sculpture (le Pilier des Anges de Strasbourg), de la musique. Faut-il s’étonner de les voir nichés sur des hôtels particuliers parisiens, sur le palais de justice de Paris, sur des fontaines, des porches d’immeubles, dans certaines gares… ? Non, les anges ne chôment pas.

D’autant que, dans l’univers qui est concrètement le nôtre, les occasions ne manquent pas de les convoquer pour leur confier les graves difficultés qui nous entourent : la misère sociale croissante et la précarité, le chômage, la crise économique, sans oublier la guerre en Palestine, en Syrie, en Irak, en Ukraine.

Si l’on considère que l’événement fondamental pour les croyants que nous sommes s’articule autour de l’irruption de Dieu dans notre monde dans le Christ, « la doctrine des anges empêche l’homme de rétrécir les dimensions de son univers. Elle lui montre qu’il fait partie d’une communauté – communauté de salut ou communauté de malheurs – plus vaste, qui n’est pas seulement celle des hommes. Car, par le fond de leur être, les anges appartiennent au monde créé, ils sont unis à l’homme… Ils partagent avec lui une seule et même histoire de salut surnaturel dont le Christ est la première réalisation » (Kark Rahner, Dictionnaire de théologie catholique, 1970).

Tant qu’il y aura des hommes, les anges ne chômeront pas. Alors, bonnes fêtes de Noël, avec la troupe nombreuse de l’armée céleste (Luc 2, 13) des anges dans nos campagnes.