1905 : la séparation des Eglises et de l’Etat

1905 : la séparation des Eglises et de l’Etat

L'affirmation de la laïcité ne pose pas vraiment de problèmes aux protestants.

Un contenu proposé par Musée protestant

Publié le 8 mai 2013

Lire directement l’article sur Musée protestant

La séparation des Églises et de l’État (9 décembre 1905) est acceptée assez facilement par les protestants. Minorité habituée à se méfier de l’État, ayant souffert du triomphalisme catholique, encore très actif pendant la période de l’Ordre moral (1873-1876), certains de ses membres sont probablement satisfaits de voir l’Église catholique réduite au droit commun d’une association comme les autres. Par ailleurs, il existe depuis longtemps une petite minorité déjà indépendante de l’État : les Églises évangéliques non concordataires.

Certes, l’unanimité ne règne pas : les luthériens sont plutôt hostiles, les réformés libéraux également, alors que les réformés orthodoxes, plus proches du « bloc des gauches », sont plutôt favorables, en tout cas résignés. Du reste, les corps ecclésiastiques ne prennent pas position de manière officielle, la situation étant difficile face à la « vague d’incrédulité agressive qui roulait sur la France » (W. Monod). L’affaire Dreyfus, la campagne antisémite qui l’accompagnait, les mesures contre les congrégations, les Congrès nationaux de la Libre Pensée, les campagnes anticléricales faisaient apparaître la séparation comme une victoire de l’antichristianisme.

Mais dans l’ensemble, les protestants se sentent plus proches des républicains, d’autant qu’une campagne anti-protestante se développe autour des années 1890 dans la presse cléricale et nationaliste anti-dreyfusarde.

Au printemps 1895, pour faire front, et se préparer à la séparation, une assemblée de protestants réformés orthodoxes propose la réunion d’une assemblée protestante, qui aboutira à la réunion en novembre 1896 à Lyon d’une assemblée générale des réformés, renouvelée en 1899.

Bien renseignés par le protestant Eugène Réveillaud (1851-1935) député radical et son fils Jean, membre du cabinet d’Émile Combes, et par Louis Méjean (1874-1955), collaborateur d’Aristide Briand, les dirigeants réformés orthodoxes parviennent à influencer la rédaction de la loi de façon à ce qu’elle autorise les unions d’associations cultuelles non seulement locales mais également nationales. Le maintien d’une structure nationale, le synode, destinée à éviter les « désordres », est en effet un souci majeur des évangéliques.

L’Alsace, allemande à cette époque, n’est pas concernée par cette loi, et gardera son statut spécial lors de la réunification. […]

Lire la suite sur Musée protestant

Dans la même rubrique...

La saveur des Ramen

Le réalisateur singapourien Eric Khoo met en scène l'histoire de trois générations de cuisiniers japonais spécialistes des ramen, une soupe très populaire préparée avec des pâtes...

Un contenu proposé par Pro-Fil
Regards œcuméniques sur le cinéma

Regards œcuméniques sur le cinéma

Malgré la sécularisation de la société, le prix du Jury œcuménique reste un incontournable dans de nombreux festivals.

Un contenu proposé par Réformés
Vous allez dire oui à qui ?

Vous allez dire oui à qui ?

Un livre qui traite de sujets épineux mais indispensables : le choix du conjoint et le pourquoi du mariage.

Un contenu proposé par Blog de la librairie 7ici

UN CONTENU PROPOSÉ PAR

Musée protestant

Créé en 2003,  Musée protestant (anciennement Musée virtuel du protestantisme) propose plus de 1000 notices (grandes dates, personnalités, art-patrimoine…) illustrées par 3000 images. Elles sont enrichies de vidéos, de documents et de références bibliographiques, et sont accessibles en français, en anglais et en allemand. Le Musée est réalisé en collaboration avec la Société de l’histoire du protestantisme français.

Derniers contenus du partenaire