Habemus Papam

Habemus Papam

Ce film sur le pouvoir est réalisé par Nanni Moretti à qui l’on doit Le Caïman (sur l’empire médiatique de Berlusconi), et La chambre du fils, palme d’or à Cannes en 2001. Avec l’art qui le caractérise, le cinéaste italien divertit tout en attirant l’attention sur des problèmes sérieux, voire tragiques.

Un contenu proposé par Évangile et liberté

Publié le 19 mars 2014

Auteur : Pierre Nambot

Lire directement l’article sur Évangile et liberté

Dans ses films, Nanni Moretti fustige souvent la société, les individus égocentriques sans aucune notion des responsabilités qui tiennent des propose vides de sens. Le cinéaste interprète souvent le rôle de psychanalyste ce qui lui permet de s’exprimer tout en procédant à son autocritique. L’Eglise catholique n’échappe pas à cet exercice: ainsi dans La messe est finie, qui lui a valu l’ours d’argent à Berlin en 1986, il raconte les tourments d’un prêtre dans une paroisse populaire.

Le titre du film est une locution latine prononcée par le cardinal protodiacre qui se charge de la scander sur le balcon de la basilique Saint-Pierre du Vatican, avant d’annoncer le nom du nouvel élu et qui signifie : « Nous avons un pape ».

Dans Habemus Papam le cinéaste s’en prend au pouvoir sans l’intention de se moquer ni de la religion ni du catholicisme. Il aurait aussi bien pu choisir le monde politique ou financier mais le Vatican représente la scène du pouvoir suprême.

Nanni Moretti et ses scénaristes ont eu une idée toute simple: ils ont imaginé un Pape venant d’être élus par ses pères mais qui ne se sent pas capable de se présenter devant les fidèles au balcon et d’affronter sa charge. Michel Piccoli en est l’interprète remarquable : il insuffle tour à tour à ce personnage des sursauts violents et de profondes brisures. Le film n’a donc que peu de rapport avec la religion et la foi, il s’agit d’une réflexion sur l’angoisse engendrée par les responsabilités. Il dénonce aussi le comportement des personnes assoiffées de pouvoir, capables de toutes les compromissions pour y accéder alors qu’ils sont dépourvus des compétences nécessaires. Avec l’art qui le caractérise, le cinéaste nous divertit tout en attirant notre intention sur des problèmes sérieux voire tragiques. […]

Lire la suite sur Évangile et liberté

Dans la même rubrique...

Tenet, ou comment jouer avec le temps

Ou avec nos nerfs ! Christopher Nolan nous projette dans une dimension qui dépasse le temps. Pas vraiment un voyage dans le temps, plutôt un renversement temporel, bien plus ardu à comprendre.

Un contenu proposé par Pro-Fil

La chronique cinéma de Fréquence protestante

Garance Hayat présente les films à l'affiche avec notamment "Stripped" de Yaron Shany, "Kajillionaire" de Miranda July et s'entretient avec Maria de Medeiros.

Un contenu proposé par Fréquence Protestante

Tiempo Después, no(tre) futur(e)…

Une satire intemporelle, intelligente et acérée sur le monde dans lequel nous vivons où sévissent la corruption, l’inégalité, et la décomposition des idéaux.

Un contenu proposé par ArtSpi’in

Enorme : une comédie aux accents burlesques

Mais pas seulement ! "Enorme" est un film surprenant et original, qui mérite le détour. Avec Marina Foïs et Jonathan Cohen.

Un contenu proposé par Les blogs de Vincent Miéville

UN CONTENU PROPOSÉ PAR

Évangile et liberté

Évangile et liberté est le mensuel francophone du Protestantisme libéral. Chaque mois Évangile et liberté propose des textes de réflexion et de spiritualité. Ses pages veulent interroger la foi chrétienne dans ses contenus et ses expressions.

Derniers contenus du partenaire

bannière podcast