On pourrait en douter à la lecture du livre de Jean Baubérot et Marianne Carbonnier-Burkard. Non pas que le protestantisme soit demeuré cette sorte de « furoncle » sur le visage français que dénonçaient encore à la fin du XIXe siècle les apôtres de la haine antiprotestante. La détestation de cette minorité si longtemps persécutée a depuis longtemps laissé place, au pire, à de la curiosité et, au mieux, à une véritable empathie pour ce courant si « moderne ».

Non, ce qui aujourd’hui continue d’interroger dans la culture française, c’est cette tendance à l’autonomie, à la responsabilité et donc à la dissidence – surtout au sein même du protestantisme dont l’éclatement en maintes dénominations éveille l’étonnement. Oui, dans un pays où l’uniformisation jacobine reste de mise, la voix protestante dans sa diversité et sa pluralité continue […]