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Turenne, gloire du grand siècle

L'un des militaires les plus célèbres de l’histoire de France était aussi protestant. Turenne fut un des derniers enfants de ces grandes familles fidèles à la Réforme avant de se résoudre à la conversion.

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Publié le 4 février 2021

Auteur : Anne-Marie Balenbois

Napoléon disait de Turenne dont il fit entrer les restes à Saint-Louis des Invalides, « En toute circonstance, j’aurais pris les mêmes décisions que lui ». Auparavant, sa sépulture avait été placée avec les rois de France dans la basilique de Saint-Denis, sur ordre de Louis XIV. Turenne était un homme de guerre exceptionnel par sa valeur et le nombre de victoires qu’il a apportées à la France. Certains aspects de sa vie personnelle restent pourtant mal connus.

Prince étranger et protestant

Né en 1611 dans la famille de La Tour d’Auvergne, Henri de Turenne est né à Sedan, dont son père était prince souverain. Sa mère était la fille de Guillaume 1er d’Orange et très ferme dans sa foi calviniste. En tant que fils cadet, Turenne était destiné à la carrière militaire, qu’il débuta auprès de son oncle Frédéric-Henri de Nassau dans les Pays-Bas dès l’âge de 14 ans. Il s’illustre dans des campagnes que mène le Stadhouder contre l’Espagne, puis passe au service de la France, où sa réputation ne fait que croître, grâce à de nombreuses actions d’éclat toujours contre les Espagnols.

Gloire militaire et conversion

Sa carrière connaît une brève interruption au moment de la Fronde car il s’oppose aux monarchistes en suivant son frère aîné, chef de sa Maison. Cette rébellion est de courte durée et il se couvre de gloire le reste de sa carrière, pardonné par Louis XIV pourtant connu pour avoir été très rancunier. Une de ses exhortations est restée célèbre : « Tu trembles, Carcasse, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je vais te mener » : en réalité il ne parlait pas de lui mais de sa jument, qui s’appelait Carcasse. Son courage et ses talents militaires ne doivent pas dissimuler une tache sur sa réputation : la destruction sauvage du Palatinat qui n’est pas à son honneur ni à celui du roi de France qui l’a ordonné. Il épouse en 1651 l’héritière d’une autre grande famille protestante, Charlotte de Caumont La Force, dont il n’eut pas d’enfants. Turenne est extrêmement respecté : il a une réputation d’honnête homme, timide lorsqu’il est en société, modeste et désintéressé (ce qui est une rareté à la Cour), souvent distrait, vêtu sans recherche et arborant des sourcils broussailleux. Sur les champs de bataille, il est très aimé car il a la réputation de ne pas exposer inutilement ses soldats. Louis XIV le fait maréchal mais cet avancement n’empêche pas des pressions croissantes pour se convertir au catholicisme. Il franchit le pas en 1668 sur l’insistance de Bossuet ; les contemporains assurent cependant qu’il ne l’aurait jamais emporté si sa femme n’était pas morte deux ans plus tôt, en 1666. Cela ne l’empêcha pas de continuer à lire la Bible (livre interdit aux simples catholiques) jusqu’à sa mort, en 1675, lorsqu’il fut emporté par un boulet de canon lors du siège de Salzbach. Turenne est l’un des derniers exemples de ces protestants illustres qui ont professé leur foi en France jusqu’à la limite du possible sans perdre leurs vies ni leurs privilèges. Les deux neveux de Turenne, qu’il considérait comme ses fils, furent faits ducs pour prix de leur conversion et sont à l’origine des maisons de Duras et de Lorge. Le boulet qui a tué Turenne est visible au musée de l’Armée, son nom est célébré dans nos livres d’histoire ainsi qu’à Versailles, mais il faut bien chercher pour trouver la mention de son appartenance à la Réforme… C’est pourtant un élément essentiel de son identité.

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