L’église Saint-Martin a été, est et doit continuer à être un important lieu de vie. Telle est sa vocation, qu’il nous faut incarner par notre imagination et notre sens du service. Déjà, des initiatives prennent forme. Pour contribuer au débat, trois défis se dessinent, résumés en trois mots d’ordre : « Monter au clocher ! », « Écouter les pierres parler ! », « Ouvrir les portes ! ».
« Monter au clocher ! »
L’historien rappelle ce fait qui n’est pas anodin : au début de la Réforme, les pasteurs de la principauté étaient invités à prêcher tour à tour dans Saint-Martin. Une dimension régionale du service pastoral. Alors qu’un Calvin ou un Farel donnaient la priorité à l’Église locale, le réformateur montbéliardais Toussain proposait d’emblée une interaction régionale, une Église qui transcende les cloisonnements paroissiaux et doctrinaux. La création, par Napoléon Bonaparte, d’une Église consistoriale de Montbéliard, et non de paroisses autonomes, donne du poids à cette idée que l’Église ne peut s’arrêter au clocher de la paroisse.
L’histoire de Saint-Martin en témoigne : Assemblée du protestantisme français en 1960, cultes régionaux, célébrations centenaires, ordinations… Le lieu a souvent dépassé son ancrage local.
« Monter au clocher ! », c’est élargir son horizon. C’est refuser l’entre-soi. C’est inscrire la communauté dans une dimension plus vaste, plus ouverte, plus riche.
« Écouter les pierres parler »
On dit que les pierres absorbent les sons. À Saint-Martin, elles ont recueilli plus de quatre siècles de paroles, de chants et de prières. Par la voix d’une centaine de pasteurs, une parole a résonné, traversant les siècles pour consoler, consolider et interpeller.
Et que dire de la réponse fervente de tous ces fidèles unis dans un même chant : « À toi, mon Dieu, mon cœur monte, ton amour est mon appui » (Psaume 25). Dans son sermon pour la dédicace de l’église, en1607, le pasteur Cucuel soulignait que ce lieu n’avait de sens que parce qu’une parole y était prononcée et qu’une vie sacramentelle y était établie. À nous de faire écho à cette parole qui nous dépasse, pour qu’elle résonne encore dans la cité.
« Ouvrir les portes »
Pourquoi l’architecte a-t-il choisi le modèle de la basilique romaine parmi tant d’autres ? Il ne l’a jamais expliqué. Mais la basilique romaine était, par essence, un espace ouvert : lieu de rassemblement, d’échanges, de circulation, de […]
