Après être passé au Picoulet à Paris, puis au Foyer Protestant de la Duchère à Lyon et enfin par la Belle de Mai, il s’en va diriger la Fédération de l’Entraide Protestante. Il raconte ici son parcours.

J’ai commencé la Miss’Pop il y a 22 ans, en pleurant… Mon premier jour au Picoulet (Paris 11ème), j’ai épluché plus de 10 kilos d’oignons avec Aminata, la médiatrice du centre social, pour son fameux poulet Yassa ! Aujourd’hui, en y repensant, j’en ai encore les larmes aux yeux. Idem pour toutes les personnes rencontrées à Paris, Lyon, Marseille et là où la Miss’Pop est présente.

Ce n’était pas facile de se hisser à la hauteur de ceux qui nous ont précédés : pasteurs emblématiques, directeurs chevronnés, secrétaires généraux attentifs, président·e·s impliqué·e·s…. J’ai eu la chance de travailler avec de belles personnes qui m’ont beaucoup apporté. J’ai aimé travailler avec des équipes de salarié·e·s et de bénévoles compétent·e·s et engagé·e·s, que j’ai beaucoup sollicité, mais avec qui des liens de confiance se sont tissés. Au seuil de ce nouveau chapitre de ma vie, je garde au cœur tous les sourires, mais aussi les débats animés, les engagements solidaires, les gestes de fraternité partagés également avec les habitant·es et plus largement tous ceux et celles qui poussent la porte de nos Frats’.

Le collectif et la prière pour tenir bon

“C’est ici que j’ai retrouvé la P.parole” (avec une majuscule ou non, à l’orale ça ne se voit pas !) m’a un jour dit Lucienne, une amie de la Frat’.

Une parole qui m’a souvent donné du courage. Car oui, nos espaces permettent de sortir de la solitude et de renouer avec les autres et avec l’Autre, j’en suis témoin. Face à la précarité aussi bien des personnes accueillies que des moyens que nous arrivons à rassembler pour y faire face, la tentation du repli, du cynisme ou de la colère est forte. Il faut alors toute la force puisée dans le collectif, mais également, pour moi, dans la prière, pour tenir bon. La pauvreté, les injustices nous bousculent. Elles viennent parfois aussi mettre en lumière nos propres préjugés ou nos maladresses vis-à-vis de l’autre. Il est bon de savoir alors demander pardon.

La Mission Populaire est une belle institution, avec ses fragilités. Il y a peu de lieux où paroles et gestes se croisent pour construire des communautés fraternelles qui articulent le social, le politique et le spirituel. Elle restera fidèle à sa vocation en continuant à actualiser cette parole fondatrice : “Vivre et manifester l’Évangile en milieu populaire”. Nul ne sait ce que ça veut dire fondamentalement, mais si on continue à chercher ensemble à y répondre, alors […]