Il aura suffi d’un changement de gouvernement en Hongrie pour débloquer certaines impasses au sein de l’Union européenne. Sous la gouvernance de Viktor Orban, le pays avait ainsi posé son veto sur plusieurs dossiers, dont les sanctions visant des colons israéliens s’étant rendus coupables de violences en Cisjordanie. Cet obstacle a finalement pu être levé avec l’arrivée du nouveau Premier ministre Peter Magyar, permettant aux Vingt-Sept de se mettre d’accord sur les mesures à adopter, lundi 11 mai, comme le rapporte Le Monde.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué ces sanctions face aux « actes gravissimes et intolérables » commis par « les principales organisations israéliennes coupables de soutenir la colonisation extrémiste et violente de la Cisjordanie », et qui doivent « cesser dans les délais ».

Pendant ce temps, l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël reste toujours en vigueur à ce jour, les débats du 21 avril dernier n’ayant abouti à aucune décision ni aucun vote. Cette fois encore, les débats au sein de l’UE n’auront accouché de rien en la matière, les dissensions étant nombreuses. À noter que l’Union européenne a également émis des sanctions à l’encontre de douze dirigeants du Hamas.

Un accord qui ne ravit pas Israël

Ce sont donc quatre organisations ayant perpétré des violences à l’encontre de Palestiniens en Cisjordanie, ainsi que trois de leurs responsables, qui sont visés par les sanctions prononcées par l’Union européenne, sur le territoire de laquelle il leur sera interdit de poser le pied. En parallèle, tous leurs avoirs potentiels seront gelés. Une décision qui a provoqué un tollé du côté d’Israël, qui la qualifie d’« arbitraire et politique », souligne RFI. Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité intérieure, va quant à lui jusqu’à décrire les Vingt-Sept comme une « union antisémite » dont il ne faut pas attendre de mesures « dictées par la morale ».

Le territoire de la Cisjordanie est occupé par l’État hébreu depuis maintenant près de soixante ans, et a vu se multiplier les colonies israéliennes au cours des dernières années. Une multiplication qui est allée de pair avec une recrudescence des violences ces derniers mois. Depuis le 7 octobre 2023, l’AFP a recensé plus de 1000 morts palestiniens sur place, ajoute RFI. Ce chiffre comprend civils et combattants confondus.