Interroger l’égalité

Interroger l’égalité

On n’échappe pas à l’inégalité. La nature fait des grands et des petits, des intelligents et des sots, des forts et des faibles, des beaux et des laids, des bien portants et des malades. Elle ne partage pas équitablement l’adresse, l’ingéniosité ou la sensibilité.

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Publié le 1 septembre 2015

Auteur : André Gounelle

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Elle distingue des sexes et elle donne des couleurs différentes aux cheveux, aux yeux et aux peaux. Elle est foncièrement inégalitaire.

La dictature de l’inégalité

Les sociétés humaines sont structurées hiérarchiquement. Tous n’y ont pas une importance identique. Certains disposent de plus de pouvoir, d’argent ou de prestige et vivent mieux que d’autres. La famille où on naît, les circonstances et occasions qui nous permettent d’acquérir des compétences, la fortune dont on dispose et quantité d’autres facteurs, où le hasard et la chance ont parfois plus de part que le travail et les aptitudes, entraînent des disparités considérables.

La Déclaration des droits de l’homme de 1789, loin de condamner les distinctions sociales, reconnaît leur légitimité quand elles répondent à « l’utilité publique » (art. 1) et ratifient la « capacité », les « vertus » et les « talents » (art. 6). Plutôt que d’instaurer l’égalité, la Déclaration justifie l’inégalité à condition qu’elle ait ses sources ailleurs que dans des privilèges héréditaires. Elle n’interdit pas la suprématie de quelques-uns, mais la veut fondée sur leurs qualités personnelles et leur apport à la société et non sur leur naissance ou sur un choix divin.

L’inégalité exerce une dictature en ce sens qu’elle s’impose à nous et nous contraint. Ce constat a alimenté des plaidoyers pour de mauvaises causes : il a servi d’argument aux adversaires royalistes de la démocratie,aux partisans de la domination coloniale des Occidentaux, aux nazis qui voulaient exterminer des races prétendument « inférieures » (juifs et slaves). D’autres, au contraire, ont cherché à corriger ou à atténuer les déséquilibres, par exemple en instituant l’impôt progressif sur le revenu qui tente une légère redistribution des biens, ou encore en freinant par la Sécurité sociale une « médecine à deux vitesses » trop défavorable à ceux qui n’ont pas les moyens de payer.

Le terrorisme égalitaire

Les êtres humains, écrit Tocqueville (1805-1859), « ont pour l’égalité une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible », bien supérieure à celle pour la liberté. Ils acceptent mal la dictature de l’inégalité. Ils sont, du coup, attirés par un égalitarisme outrancier qui assimile égalité et uniformité et demande qu’on ignore, voire qu’on élimine, ce qui nous distingue les uns des autres. Être égaux reviendrait à être semblables en tout. Ainsi quand un maire a tenté d’évaluer le nombre d’élèves musulmans dans les écoles de sa ville à partir de leurs prénoms, on l’a accusé de contrevenir aux principes de la République. Je n’entends nullement le défendre et comprends qu’on s’inquiète d’une démarche qui peut aboutir à des discriminations. Il n’en demeure pas moins qu’il y a entre les citoyens d’une même ville des différences d’origine, de culture et de religion. Les ignorer ne les annule pas et s’en enquérir donne les moyens d’une action efficace au service de tous. […]

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