Protestantisme et politique

Protestantisme et politique

Comment partager des principes communs tout en bataillant dans des camps opposés ? L'exemple vaudois de Claude Ruey et Claude Schwab, engagés dans leur Eglise et dans la politique.

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Publié le 28 août 2014

Auteur : Vincent Volet

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«La politique ne change pas l’homme»
Claude Ruey, 64 ans, ancien conseiller national et conseiller d’État, libéral

On ne vient pas à la politique par hasard. Claude Ruey en est un exemple. «Je viens d’une famille engagée sur le plan politique et social, raconte-t-il. Depuis tout jeune, j’ai fait du scoutisme et j’ai mené un engagement social. Encore aujourd’hui. Un mot d’ordre de mon enfance était l’engagement chrétien de servir.»

Pour lui, les deux engagements vont de pair. «S’engager dans son Église, c’est bien. Mais il y a plusieurs vocations. Sortir de l’Église pour être dans le monde, c’est nécessaire. C’est contribuer à la construction du Royaume, sans penser que nous allons le construire par la politique. C’est à la fois ambitieux et modeste.»

Celui qui a présidé le Parti libéral rapproche volontiers les valeurs protestantes de celles de sa famille politique. Il rappelle le lien étroit qui existait naguère entre le Parti libéral et l’Église libre: «Comme protestants, notre lien à Dieu est sans intermédiaire. L’accent sur la liberté et la responsabilité individuelle est plus marqué. Comme libéral, je mets ces valeurs en avant. Mais cela ne va pas sans le respect des personnes, la recherche de la vérité, l’amour des autres et une certaine humilité. Il y a un certain nombre de valeurs que nous pouvons partager.» Une leçon que la référence au Tout-Puissant qui figure en tête de notre Constitution rappelle aux politiciens. «C’est un signe de modestie du pouvoir politique. Nos autorités reconnaissent une puissance, autre que celle du peuple. Nous n’avons pas le pouvoir absolu. Je concède qu’il y a plus grand que moi et que je ne décide pas tout. Pour moi, cela se justifie en tout temps. Dans le même ordre d’idée, la Constituante vaudoise a montré une attitude positive à l’égard de la religion. Elle a reconnu la dimension spirituelle de la personne. Cela implique qu’il faut soutenir son service, au même titre que la culture, mais sans mettre le grappin dessus.»

Pour Claude Ruey, la grande différence entre religion et politique tient au fait que la politique ne change pas l’homme, alors que la parole de Dieu peut y réussir. «La conversion ne change pas votre nature profonde, mais elle vous transforme, oui. La politique et les règles de l’État sont une contrainte. Le magistrat tient l’épée. Mais la prison ne va pas transformer un brigand en un ange. En revanche si, grâce à la puissance publique, la société vit avec un minimum de paix, vous pouvez y enseigner et y prêcher.»

«Un monde de relations, et de relativité»
Claude Schwab, 71 ans, pasteur retraité, député socialiste au Grand Conseil

Un pasteur retraité, député socialiste au Grand Conseil, est bien placé pour parler des liens entre protestantisme et politique. «Ma foi a compté dans mon choix de m’engager en politique, se souvient Claude Schwab. Je n’ai pas adhéré à un parti quand j’étais pasteur de paroisse. J’ai été élu à la Constituante, une assemblée qui comptait sept pasteurs parmi ses 180 membres. Cela a été un bon exercice. Il fallait résoudre des problèmes hors des frontières partisanes. Ensuite, mon engagement politique a été cohérent avec mes valeurs et ma réflexion théologique sur la société.» Claude Schwab ne voit pas de frontière entre ses deux engagements. […]

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