Catholicisme

Synode sur la synodalité : qu’est-ce que c’est ?

En octobre 2021 s’est ouvert la XVIème Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, un événement clé pour dessiner l’avenir du catholicisme.

Un contenu proposé par Une plume et des gens

Publié le 22 février 2022

Dans le catholicisme, un synode correspond à une assemblée délibérative d’ecclésiastiques. Il rassemble des évêques convoqués par le pape. Depuis la fin du XXe siècle, le terme « concile » est généralement réservé aux assemblées œcuméniques. Le concile de Vatican II, ouvert le 11 octobre 1962, a réuni par exemple un certain nombre d’observateurs non catholiques, parmi lesquels des protestants. Le but d’un synode, venant du grec « sunodos » (« chemin parcouru ensemble »), est d’informer et de conseiller le pape au sujet de la mission de l’ensemble de l’Église et de l’unité de la foi en son sein.

Quel thème ?

Contrairement aux synodes précédents, ce nouveau synode n’aborde pas une question particulière mais invite à réfléchir ce que Dieu appelle à être l’Église aujourd’hui. Le thème de cette XVIème Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques est « Pour une Église synodale : communion, participation et mission ». Le terme de « synodalité » doit être compris dans le sens de chemin parcouru et à parcourir ensemble. La synodalité est la manière dont l’Église fait participer ses différents membres à l’ensemble de sa vie et de sa mission.

Sur son site Internet, le diocèse de Nîmes prend l’exemple judicieux du logo prochain synode afin de mieux comprendre le sujet :

« On y voit des personnes marcher ensemble : des personnes différentes, des hommes, des femmes, des personnes âgées, des enfants, une religieuse, un évêque, un prêtre et beaucoup de fidèles, évidemment ! Que-font-ils ? Ils marchent ensemble sous l’impulsion de l’Esprit Saint, en cherchant, sous la Croix, ce que Dieu veut pour Son Eglise dans le monde d’aujourd’hui. »

Quels enjeux ?

Dans un contexte de déchristianisation, l’idée est donc de répondre à différentes questions : comment ce cheminement ensemble se déroule-t-il aujourd’hui à différents niveaux, à l’échelle comme universelle, et permet à l’Eglise d’annoncer l’Evangile ? Quelles sont étapes que l’Esprit nous invite-t-il à franchir afin de grandir en tant qu’Eglise synodale ?

Dans un entretien réalisé par La Vie, le théologien franco-suisse Arnaud Join-Lambert, nommé par le Vatican membre de la commission pour la méthodologie en charge de préparer le synode sur la synodalité, apporte des précisions :

« Ce synode romain-là est particulier parce que son but n’est pas de produire des documents. C’est écrit noir sur blanc dans les différentes instructions (…) Il s’agit de s’écouter et de dialoguer sur un sujet qui concerne toute l’Église, en espérant que cette expérience-même suscite un changement de comportement qui donne lieu à un changement de structure. Dans la commission pour la méthodologie, nous voyons que c’est un véritable enjeu, et que c’est vraiment difficile. »

Quel calendrier ?

Ouvert en octobre 2021, le synode sur la synodalité comprend différentes phases :
– octobre 2021 au 15 août 2022 : phase diocésaine
– de septembre 2022 à mars 2023 : phases régionales et continentales
– mars 2023 : publication des documents finaux
– juin 2023 : instrumentum Laboris 2
– octobre 2023 : publication du document final

Vous pourriez aimer aussi

Étude du fait religieux à l’école : la nomination de Mark Sherringham fait débat

Le 4 février, Mark Sherringham a été nommé à la tête du Conseil supérieur des programmes (CSP). Depuis la polémique ne fait qu’augmenter.

Un contenu proposé par Une plume et des gens

Mutilations génitales féminines et traite des femmes : l’appel du pape François

Le dimanche 6 février, après la prière de l’Angélus, le pape François a appelé à agir de manière décisive pour mettre fin à ces pratiques.

Un contenu proposé par Une plume et des gens

JO d’hiver 2022 : l’Olympisme, une forme de religion ?

Le fondateur moderne du mouvement olympique, Pierre de Coubertin a pu déclarer : « depuis le début du rétablissement de l’olympisme, je crois avoir eu raison de tenter de ranimer une conscience religieuse. »

Un contenu proposé par Une plume et des gens