Protestants versus coronavirus

Faire « église ensemble » via WhatsApp

Au sein de l’Église protestante unie du Pays niortais, une cinquantaine de paroissiens s’échangent des messages sur l’application mobile.

Un contenu proposé par Une plume et des gens

Publié le 2 avril 2020

Vice-présidente du conseil presbytéral, Marie-France Thickett, témoigne.

Au temple de Niort, faire « église ensemble » nous tient à cœur. Depuis quelques années, nous proposons des temps d’accueil, petits moments simples et conviviaux autour d’un café, d’un thé et de gâteaux, au début et à la fin du le culte. Ces moments partagés favorisent les liens entre les paroissiens. Ils aident à ne pas venir simplement écouter le culte du dimanche, puis repartir seul chez soi… Dans cette même optique, différentes activités ouvertes à tout à chacun sont organisées au sein de la paroisse. Le mardi soir, un temps de méditation a lieu au temple; le vendredi soir le groupe de louange se réunit pour répéter au presbytère. Une fois par mois, le pasteur accueille les paroissiens pour une étude biblique.

Avec le confinement, tout s’est arrêté. Pasteur et membres du conseil presbytéral, nous nous sommes posés la question : comment continuer à faire église ensemble ? C’est ainsi qu’est ressortie une vieille idée : pourquoi ne pas créer un groupe sur WhatsApp ? Facilement téléchargeable sur un smartphone, cette application ne nécessite pas d’ordinateur. Elle permet de partager du texte, des photos, des vidéos… Rapidement, une cinquantaine de personnes de tous âges ont rejoint le groupe de l’Eglise protestante unie du Pays Niortais.

« Commencer la journée avec Dieu, ça change la journée »

Chaque jour, chacun peut y partager des prières, des méditations, des chants chrétiens, des versets bibliques, des amitiés, des remerciements… C’est temps un échange ouvert à tous. Nous ne souhaitions pas que seul le pasteur ou les membres du conseil presbytéral y publient mais bien qu’il soit ouvert à tous. Les paroissiens y retrouvent aussi les prédications car notre pasteur continue d’écrire des textes, ou des prédications d’autres pasteurs. Il y a des journées avec plus ou moins de partages : aujourd’hui par exemple, c’est une belle journée ! Nous avons reçu une vingtaine d’échanges ! Malheureusement, depuis sa création, nous avons aussi reçu quelques messages qui n’allaient pas dans le sens du projet. Pour éviter que cela ne se reproduise, trois modérateurs surveillent dorénavant les publications.

Nous avons reçu des retours très positifs. Mais il était important pour nous de continuer à « faire église » avec l’ensemble des paroissiens y compris ceux qui n’ont ni de téléphone, ni adresse mail.
Voilà pourquoi on a décidé à côté du groupe WhatsApp d’envoyer un courrier papier « Cofino-nouvelles » avec les nouvelles de l’église, une méditation du pasteur et le texte de la prédication aux familles n’ayant pas accès aux nouvelles technologies.

Personnellement, j’ai de la chance. A la maison, pour m’apporter de la joie de vivre, j’ai un mari, trois ados et un grand jardin. Je vis le confinement plutôt bien.  Mais certains de nos paroissiens sont seuls, peut-être en appartement, certains en résidence seniors. Pour une partie d’entre eux, le culte était l’occasion de sortir de leur domicile, de faire des rencontres, de rire un peu, de partager des nouvelles. En ces temps difficiles, il ne faut pas les oublier. La semaine dernière, j’ai pris l’initiative à l’heure du petit-déjeuner de partager sur notre groupe WhatsApp un verset que j’aimais et un chant que j’aime particulièrement sur Youtube. Commencer la journée avec Dieu, ça change la journée et c’est encore mieux quand on le fait aussi pour les autres.

Vous pourriez aimer aussi

Covid-19 : la FEP se mobilise pour les exilés

Covid-19 : la FEP se mobilise pour les exilés

La crise sanitaire qui ébranle notre société nous rappelle de façon dramatique que l’ensemble des personnes vivant sur le territoire français partage un destin commun.

Un contenu proposé par Fédération de l’Entraide Protestante

La communauté des confinés de l’IPT

Mélanie, Quentin et Samuel font partie des étudiants confinés au sein de la structure d’hébergement de l’IPT de Montpellier. Interrogatoire.

Un contenu proposé par Carnet d’une étudiante en théologie

« Le vécu commun de la pandémie va impacter la solidarité »

Envoyée au Rwanda début mars, Sylviane Pittet y a vécu le début de la pandémie du coronavirus.

Un contenu proposé par Réformés