Pentecôte, la fête des protestants

Pentecôte, la fête des protestants

Pour le théologien Antoine Nouis, le protestantisme se définit à partir de trois principes fondateurs articulés avec le Saint-Esprit. Explications.

Un contenu proposé par Le blog d'Antoine Nouis

Publié le 7 juin 2019

Auteur : Antoine Nouis

Dans mon livre Lettre à ma belle-fille catholique pour lui expliquer le protestantisme, je définis le protestantisme à partir de trois fondements.

Un principe théologique qui est une nouvelle compréhension de la justice de Dieu. Le renversement opéré par Luther qu’on appelle la justification par la foi est que je ne suis pas juste suite à mes actes de justice, mais parce que je suis rendu juste par Jésus-Christ. Parce que Dieu me voit juste, je suis alors appelé à devenir ce que je suis déjà devant Dieu.

Un principe anthropologique. Lorsque Luther est convoqué devant la diète de Spire par l’empereur Charles Quint et l’envoyé du pape, ce dernier lui demande de rentrer dans le rang par crainte de diviser l’empire. Luther refuse au nom de sa conscience. Il élève sa conscience contre les plus hautes autorités civile et religieuse de son temps.

Un principe médiologique. Luther a dû s’appuyer sur un socle solide pour s’opposer au pape et à l’empereur. Il l’a trouvé dans la Bible. C’est dans la méditation des Écritures qu’il a puisé le soutien qui lui a permis de s’opposer, seul contre tous. La Bible lui a donné le courage d’être minoritaire.

Ces trois principes sont articulés avec une compréhension du Saint-Esprit.

C’est par l’Esprit que je me sais aimé de Dieu, antérieurement à toutes les voix qui me disent le contraire. C’est par l’Esprit que je peux dire que tous les messages qui disent que je suis ce que je vaux, ce que je fais et ce que je réussis sont des voix de mensonges. C’est par l’Esprit que je peux dire avec le psalmiste : « Je te loue de ce que je suis une créature merveilleuse[1]. »

C’est par l’Esprit que je peux me libérer du grégarisme pour vivre la liberté. L’évangile de Jean dit de l’Esprit qu’il souffle où il veut et qu’il en est ainsi de quiconque est né du souffle de Dieu[2]. Trop souvent la revendication de liberté est la revendication de vouloir vivre dans la stricte conformité à ce que mon milieu attend de moi. La vraie liberté de paye en solitude, elle est un fruit de l’Esprit.

C’est par l’Esprit que je peux trouver dans la Bible une parole qui me parle et me rejoint. Sans l’Esprit, elle n’est qu’une lettre morte ; avec l’Esprit elle est parole de vie, dialogue, lumière posée sur les rencontres de ma journée.

La Pentecôte, la fête des protestants.

[1] Ps 139.14.

[2] Jn 3.8.

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