La Frappe nous plonge dans le quotidien d’Enzo et Carla, deux adolescents livrés à eux-mêmes, dans une autonomie forcée. Si Carla étudie, Enzo tente de s’ancrer dans la vie active comme camelot sur les marchés, trouvant refuge auprès de la famille bohème de sa petite amie. Cet équilibre vole en éclats lorsque le père réapparaît après cinq ans de prison. Son retour agit comme un détonateur, réveillant des traumatismes qu’Enzo pensait avoir enfouis à jamais. 

Face à ce père fantôme, frère et sœur réagissent de manière diamétralement opposée. Carla se mure dans le refus, rendant le pardon impossible, tandis qu’Enzo s’enferme dans une quête éperdue de reconnaissance. Il s’entête, veut plaire à cet homme, lui prouver sa réussite, quitte à basculer dans un mimétisme troublant — comme s’il imitait pour ne plus en avoir peur. Ce rapprochement toxique creuse un fossé entre lui et sa sœur, jusqu’à ce qu’une phrase, lâchée au détour d’une conversation feutrée, nous confirme l’insoutenable réalité des violences sexistes et […]