Le septième art, dès les années 1910, a fait son miel de la littérature. En adaptant les récits légendaires, il espérait se doter d’une légitimité symbolique, obtenir des titres de noblesse, quitter la fête foraine où les belles âmes désiraient le confiner. Moins nombreux sont les romans ayant le cinéma pour sujet – comme si les mots se méfiaient des images – et la plupart, admettons-le, s’inspirent de la réalité. L’écrivain Daniel Charneux publie I’m not M.M., évocation personnelle d’une actrice américaine bien connue. « Les mythes appartiennent à tous, écrit-il en incipit. Œdipe, les Atrides, Phèdre sont notre bien commun. Eschyle, Sophocle, Euripide et, bien plus tard, Corneille ou Racine se sont emparés d’eux. L’humanité aime les mythes. Elle en invente à chaque époque. Ainsi, au vingtième siècle, James Dean, Jean Seberg, Elvis Presley, Jim Morrison, Marilyn Monroe. » Percer les troubles identitaires de Norma Jeane Baker, tel est, pour partie, son projet.

Le souci de dire une […]