Les armées nigériane et américaine ont annoncé, mardi 19 mai, la mort de 175 membres de l’État islamique (EI) après des frappes aériennes conjointes menées dans le nord-est du Nigeria. Selon Samaila Uba, un porte-parole de l’armée nigériane, ces frappes ont permis « la destruction de postes de contrôle de l’EI, de caches d’armes, de centres logistiques, d’équipements militaires et de réseaux financiers utilisés pour soutenir les opérations terroristes », relate France 24. Selon l’ONU, l’insurrection djihadiste menée par Boko Haram, puis par le groupe État islamique depuis 2009 a fait plus de 40 000 morts et deux millions de déplacés dans le nord-est du Nigeria. À l’issue de ces frappes, le Commandement américain pour l’Afrique (Africom) a souligné le rôle déterminant des Nigérians pour identifier les cibles, recueillir des renseignements et soutenir cette mission.

Lors d’une opération conjointe des deux pays, le chef djihadiste Abou Bilal al-Minuki avait été tué dans un village isolé du nord-est du pays vendredi 15 mai. Décrit comme un agent important de l’EI, il jouait un rôle dans les opérations extérieures de l’organisation terroriste en coordonnant le financement, le recrutement, la logistique et la planification d’attaques, a indiqué le porte-parole de l’armée nigériane. D’autres figures importantes de l’EI ont été tuées au cours de ces opérations.

L’état d’urgence sécuritaire décrété au Nigeria

Ces derniers mois, les groupes djihadistes ont multiplié les attaques meurtrières et les enlèvements au Nigeria, ce qui a conduit le président du pays, Bola Tinubu, à décréter un état d’urgence sécuritaire à l’échelle nationale en novembre 2025. De son côté, le président des États-Unis, Donald Trump, a menacé le pays d’une intervention militaire, rappelle Le Monde. L’armée américaine avait mené, en coordination avec les autorités nigérianes, des frappes le jour de Noël dans le nord-ouest du pays. Selon Washington, cette opération visait des djihadistes de l’EI. Depuis ces frappes, les États-Unis ont déployé environ 200 soldats au Nigeria pour soutenir et former ses forces armées. Le Pentagone a également accru son partage de renseignements et a accéléré les ventes d’armes. Donald Trump soutient que les chrétiens du Nigeria sont « persécutés » et victimes d’un « génocide » de la part des « terroristes ». Toutefois, les autorités nigérianes et la majorité des experts soulignent que les violences touchent indifféremment les chrétiens et les musulmans.

Selon le général John Brennan, un haut responsable de l’Africom, sous l’administration Trump, le Commandement des États-Unis est devenu plus agressif. « Nous travaillons avec des partenaires pour cibler de manière cinétique les menaces, principalement l’EI », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par La Croix. Au début du mois d’avril, le département d’État américain a autorisé le départ de son personnel non essentiel d’Abuja, la capitale du Nigeria, à cause de la détérioration de la situation sécuritaire du pays.