L’association Foodwatch lance une alerte, mardi 19 mai, sur des pesticides interdits en Europe qui ont été retrouvés dans plusieurs produits alimentaires. Au total, sur 15 produits testés en France, 12 présentent des résidus de pesticides dont l’utilisation est interdite. Riz, thé, épices… L’association a analysé une soixantaine de produits vendus en France, en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas. Toutes les épices et tous les thés testés sont contaminés par des résidus de pesticides, avec parfois des substances différentes sur un même produit. Parmi les exemples les plus représentatifs, celui du paprika doux moulu de la marque Ducros qui cumule 18 résidus différents, dont six interdits, mais aussi celui de la marque Bouton d’Or, qui en compte 14, dont 5 interdits. Ces niveaux de contamination se retrouvent aussi dans les produits achetés dans les autres pays.

Des résidus ont également été retrouvés dans du curry vert thaï, du cumin entier, du cumin moulu, du riz basmati, du riz thaï, du thé vert (nature et à la menthe). En raison de ces résultats, Foodwatch a formulé deux demandes urgentes aux autorités. La première est le retrait et le rappel des deux produits qui dépassent les limites légales et la seconde est la mise en place d’une limite maximale de résidus à zéro pour les pesticides non-autorisés en France. Avec cette analyse, l’association souhaite montrer que « notre alimentation est contaminée par un cocktail de résidus de pesticides, même ceux interdits ces dernières années à cause de leur dangerosité ».

L’association dénonce un manque de contrôle des pesticides

Ces pesticides se trouvent sous forme de résidus car ils continuent d’être exportés. Par ailleurs, Foodwatch s’inquiète du projet « Food and Feed Safety Omnibus », une loi qui va être adoptée par la Commission européenne et pourrait affaiblir les règles sur les limites de résidus et les contrôles aux frontières, ainsi que les processus d’évaluation de sécurité de ces substances. « Nous consommons des pesticides interdits au quotidien, faute de contrôles adéquats », regrette Léa Redon, chargée de campagne Foodwatch France. L’association rappelle que les pesticides ne sont pas des substances anodines mais sont conçus pour tuer des organismes vivants, ce qui représente un danger pour la santé.

Une nouvelle étude scientifique publiée début avril a révélé un lien solide entre l’exposition aux pesticides agricoles présents dans l’environnement et le risque d’apparition de cancers. Cette étude, menée avec des chercheurs de l’Institut Pasteur, a montré que certaines tumeurs pouvaient être fragilisées par l’exposition aux pesticides. Les résultats de cette étude ont aussi alerté sur l’importance de prendre en compte les mélanges de pesticides, l’exposition environnementale et les contextes socio-écologiques réels.