Des années 2026 et 2027 qui pourraient s’annoncer extrêmes. Mardi 12 mai, plusieurs scientifiques et agences internationales ont alerté sur les risques d’un emballement climatique dans les prochains mois, alors que le retour du phénomène El Niño est désormais jugé « très probable » par plusieurs modèles de prévision, explique Le Monde. Après une succession de records de chaleur océaniques, d’incendies géants et d’épisodes météorologiques extrêmes depuis le début de l’année, les experts redoutent que 2026 et surtout 2027 basculent parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées.
Dans le viseur des chercheurs : la combinaison entre un phénomène naturel cyclique et un réchauffement climatique d’origine humaine qui ne ralentit pas. L’observatoire européen Copernicus estime même qu’El Niño pourrait devenir certain dès l’été. « Il est probable que 2027 dépasse 2024 en tant qu’année la plus chaude jamais enregistrée », a prévenu Samantha Burgess, climatologue au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, indique franceinfo, qui cite l’AFP. Les températures des océans mondiaux frôlent déjà les records observés l’an dernier.
Des conséquences déjà visibles à l’échelle mondiale
Le phénomène El Niño correspond à un réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial, susceptible de perturber les températures, les vents et le cycle des pluies à l’échelle planétaire. Si le mécanisme est naturel et revient tous les trois à sept ans, les scientifiques rappellent toutefois qu’il intervient désormais dans un climat mondial déjà fortement perturbé par les émissions de gaz à effet de serre.
Les premiers effets sont déjà observés sur plusieurs continents. En Inde, les températures ont atteint localement 46°C dès le printemps. Aux États-Unis, des vagues de chaleur exceptionnellement précoces ont été enregistrées en mars. Les océans, eux, accumulent la chaleur depuis des mois. Copernicus évoque des vagues de chaleur marines record entre le Pacifique équatorial et les côtes américaines. Dans certaines régions d’Amérique du Sud ou de la Corne de l’Afrique, les climatologues craignent désormais des pluies diluviennes et des inondations majeures, tandis que l’Indonésie ou l’Australie pourraient connaître des sécheresses plus sévères.
Des perturbations plus près qu’on ne le pense
En France aussi, les anomalies se multiplient. Après un hiver marqué par des tempêtes et des épisodes de crues, plusieurs records de chaleur ont été battus dès février. Avril s’est ensuite distingué par des températures exceptionnellement élevées et un déficit de précipitations. Pour de nombreux chercheurs, ces événements traduisent une perturbation durable du cycle de l’eau, alternant sécheresses et pluies extrêmes, souligne également Le Monde.
Ce contexte alimente également les inquiétudes autour de l’AMOC, cette vaste circulation océanique de l’Atlantique à laquelle le Gulf Stream contribue. Une étude publiée mi-avril dans Science Advances estime que ce système pourrait s’affaiblir de plus de 50 % d’ici à 2100, soit bien davantage que les précédentes projections. Or, ce mécanisme joue un rôle clé dans la redistribution de la chaleur vers l’Europe. Son ralentissement pourrait provoquer, à terme, un refroidissement partiel du continent européen, tout en accentuant les dérèglements climatiques dans d’autres régions du monde. Un paradoxe climatique qui illustre la complexité des bouleversements en cours.

