Une situation « sous contrôle », a indiqué Emmanuel Macron alors en voyage diplomatique à Nairobi, rapporte Le Monde. « Aujourd’hui, le gouvernement a sans doute l’un des protocoles […] les plus exigeants, comme l’Espagne et quelques autres, ce qui est une bonne chose, parce que nous avons l’expérience du passé », a-t-il indiqué évoquant la pandémie de Covid-19. Accompagnée de cinq scientifiques, la ministre de la Santé Stéphanie Rist tenait une conférence de presse devant plusieurs journalistes et conseillers mardi 12 mai afin de faire le point sur la situation en France et sur l’état de la recherche sur les hantavirus.

Pour l’heure, parmi les 11 cas dans le monde contaminés par ce virus précisément, une Française est toujours hospitalisée « dans un état grave » en réanimation. Elle a été prise en charge à l’hôpital Bichat, à Paris. Son pronostic vital est « très clairement engagé » d’après l’infectiologue Xavier Lescure présent avec la ministre, indique Le Parisien. Elle faisait partie des cinq passagers français de la croisière Hondius, tous placés à l’isolement dans un établissement spécialisé à Paris. De plus, 22 cas contacts ont été identifiés sur le territoire. Les quatre sont en bon état et ont par ailleurs été testés négativement.

Une mortalité similaire entre les jeunes et les adultes

Stéphanie Rist a également précisé que les 22 cas contacts ont également été hospitalisés ou en cours d’hospitalisation dans un établissement de santé de référence (ESR). Tous ont en point commun d’avoir croisé la route de la passagère néerlandaise atteinte du virus et décédée en Afrique du Sud après avoir été évacuée depuis l’île de Sainte-Hélène. Parmi les cas contacts, on dénombre également trois adolescents d’une même fratrie a précisé la ministre de la Santé. « C’est la même maladie et malheureusement la même mortalité » dans cette tranche d’âge que chez les adultes, a indiqué Xavier Lescure au cours de la conférence de presse.

Alors qu’il était initialement prévu d’inciter les cas contacts « à haut risque » de s’isoler, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lundi 11 mai que tous seront hospitalisés « sans exception » pendant minimum 15 jours, et jusqu’à 42 jours maximum. Un durcissement motivé par les nombreuses zones d’ombre qui entourent encore l’hantavirus. Pour l’infectiologue, « le gouvernement a préféré trancher dans le vif, car c’est la liberté de quelques-uns vis-à-vis de la sécurité de toute une population », explique Xavier Lescure. « Il y a tellement d’inconnues sur cette maladie et on est tellement sous le feu des projecteurs, que l’application des mesures à domicile était rendue impossible », a-t-il conclu. D’après les estimations du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies étasunien, le taux de létalité du virus serait de 38%, et jusqu’à 60% selon Santé Publique France, rapporte Reporterre.