L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché, dimanche 17 mai, une alerte sanitaire internationale face à une épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Celle-ci est probablement causée par la souche Bundibugyo, un variant contre lequel il n’existe aucun vaccin ni traitement et dont le taux de létalité peut atteindre 50%. Le virus Ebola provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse et l’Africa CDC, agence sanitaire de l’Union africaine, estime que le risque de propagation aux pays d’Afrique de l’Est frontaliers de la RDC est « élevé ». Le ministre de la Santé congolais a affirmé dimanche que 91 décès signalés avaient vraisemblablement été causés par le virus tandis qu’environ 350 cas suspects ont été signalés, indique La Croix.
Selon l’OMS, l’épidémie d’Ebola constitue « une urgence de santé publique de portée internationale » (USPPI). L’événement a été caractérisé d’extraordinaire pour plusieurs raisons. D’abord, des cas ont été signalés en RDC dans au moins trois zones sanitaires, ainsi que deux cas sans aucun lien apparent en Ouganda. « Il existe actuellement d’importantes incertitudes quant au nombre réel de personnes infectées et à la propagation géographique associée à cet événement », a souligné l’OMS. Selon elle, la mobilité de la population et les établissements de santé informels aggravent le risque de propagation. Après les deux cas confirmés en Ouganda, l’OMS a ajouté que « le risque de propagation est considéré comme très élevé dans les pays frontaliers de la République démocratique du Congo ».
Une forte mobilisation contre Ebola en RDC
Le directeur de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Janabi, s’est voulu rassurant. Il a qualifié Ebola de « maladie très grave », ajoutant que « c’est une maladie que nous savons maîtriser ». Selon lui, le fait qu’elle ait été classée comme une urgence de santé publique de portée internationale va permettre de mobiliser davantage de ressources et va garantir une collaboration entre les pays. L’Organisation des Nations unies (ONU) souligne toutefois que cette nouvelle épidémie touche la RDC un pays déjà durement touché par la faim et les déplacements. « Ce n’est pas seulement une urgence sanitaire. C’est une crise de conflit, de faim et de déplacements », a déclaré dimanche 17 mai, David Stevenson, directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) au Congo.
Selon lui, la crise pourrait « prendre une ampleur mondiale en un instant ». « Nous avons déjà vécu ça et si nous travaillons ensemble, en équipe, sous la direction du gouvernement et du ministre, nous pensons pouvoir faire reculer cette situation et y mettre un terme », a-t-il assuré. Pour faire face à l’épidémie d’Ebola, du matériel médical d’urgence a été livré tandis que 42 professionnels de santé se sont rendus sur place. Plus de cinq tonnes d’équipements médicaux de l’OMS et des experts de première ligne ont été mobilisés en RDC.

