Entre Gil et Jacques, tout se passe très vite. Une rencontre à Dubaï, un mariage dans la foulée et un bébé déjà en route. Gil est tombée amoureuse de cet homme à une époque où tous deux étaient particulièrement vulnérables : à l’aube de la trentaine, elle traversait une période dépressive, tandis que lui venait de perdre son frère.  L’actualité met souvent en lumière les féminicides tragiques. En revanche, on aborde plus rarement la violence sous-jacente et le harcèlement psychologique au quotidien dans la sphère familiale. C’est précisément tout l’enjeu de Si tu penses bien, le quatrième film de Géraldine Nakache. Construit en différents chapitres avec des ellipses de temps, il agit sur le spectateur comme un véritable électrochoc. 

La mécanique glaçante de l’emprise

La période rose est de courte durée et Jacques se révèle rapidement être un pervers narcissique qui se donne souvent le beau rôle. Devant le rabbin, il lance fièrement : « Je l’ai sauvée ! », alors que Gil faisait simplement un petit malaise. Cet héroïsme autoproclamé est accueilli par Gil d’un rictus.  Pendant 1h40, la réalisatrice déroule la mécanique de la torture familiale jour après jour : enfermement, coupure totale avec la famille, les amis, le travail, manipulation et chantage. La paranoïa de Jacques va jusqu’à l’installation de caméras dans la maison pour l’épier. La démolition de Gil est […]