Le film s’ouvre sur un prologue magistral de vingt minutes. Attablé dans un restaurant dont on ne verra rien, un homme un peu fébrile attend : c’est Esteban Martínez, réalisateur mondialement célèbre de retour en Espagne pour son nouveau projet. Celle qu’il attend n’est autre qu’Emilia, sa fille, une jeune actrice inconnue qu’il n’a pas revue depuis treize ans. Les premiers mots sont maladroits, le silence est lourd ; Sorogoyen étire la scène jusqu’au moment où le cinéaste expose enfin ce qui l’amène : il veut lui offrir le rôle principal de son prochain film.
Après hésitation, Emilia accepte cette formidable opportunité, mais elle sait qu’elle va devoir se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme un père. Elle connaît sa réputation de créateur difficile, colérique, parfois violent. Pourtant, nous sommes ici loin de la brutalité physique d’As bestas : les gifles sont désormais verbales. Pour Martínez, c’est peut-être la chance de retrouver celle qu’il a “abandonnée”. Le cinéma peut-il colmater des brèches, refaire ou réécrire l’histoire ? Ou bien ces retrouvailles vont-elles raviver des blessures là où le poids du passé menace déjà de tout rouvrir ? Le film pose ces […]
