Depuis plus de 40 ans, la tendance semblait aller dans une direction claire : celle d’un recul progressif de la peine de mort à travers le monde. Pourtant, le dernier rapport publié par Amnesty International ce lundi 18 mai vient brutalement rappeler une autre réalité. L’organisation de défense des droits humains affirme avoir recensé 2707 exécutions en 2025, soit une hausse de 78 % en un an et le niveau le plus élevé enregistré depuis 1981, date à partir de laquelle elle compile ces données. Une année au cours de laquelle la France a quant à elle aboli la peine de mort.

Une augmentation d’autant plus impressionnante qu’elle intervient dans un contexte où 113 pays ont désormais totalement aboli la peine capitale, dans la loi et pour tous les crimes, mais où une poignée d’États continue d’y recourir massivement, voire d’en intensifier l’usage. Quand la France a cessé d’y avoir recours, seuls 27 pays avaient tourné le dos à cette pratique. Plus de quatre décennies plus tard, près des trois quarts des États du monde l’ont abandonnée, « que ce soit en droit ou en pratique » précise l’ONG.

Une petite minorité qui fait gonfler les chiffres

Mais cette dynamique mondiale masque une autre tendance, plus brutale. Selon Amnesty, seules 17 nations ont procédé à des exécutions en 2025, soit deux de plus qu’en 2024. Un nombre faible, historiquement parlant, qui contraste avec l’ampleur du total recensé. Derrière cette hausse spectaculaire, un pays domine très largement : l’Iran. La République islamique est tenue pour principale responsable de cette explosion statistique, avec au moins 2 159 personnes exécutées en un an, soit plus du double du niveau observé en 2024.

L’Arabie saoudite arrive derrière avec au moins 356 exécutions, notamment liées à des infractions à la législation sur les stupéfiants. D’autres États affichent également une progression marquée : le Koweït, l’Égypte, Singapour ou encore les États-Unis, où 47 personnes ont été exécutées contre 25 l’année précédente, souligne franceinfo.

Pour expliquer cette augmentation, Amnesty International pointe notamment « la résurgence des approches extrêmement punitives de la guerre contre la drogue ». Près de la moitié des exécutions recensées en 2025, soit 1 257 cas, seraient liées à des infractions aux stupéfiants. L’Iran, l’Arabie saoudite, Singapour ou encore le Koweït figurent parmi les pays concernés. Dans certains cas, des projets législatifs ont même cherché à élargir le recours à la peine capitale pour ce type d’infraction.

L’ONG souligne toutefois que ce tableau particulièrement sombre ne doit pas masquer les avancées observées ailleurs dans le monde. Aucune exécution ni condamnation à mort n’a été recensée en Europe et en Asie centrale, tandis que plusieurs régions du monde voient cette pratique reculer durablement. Pour Amnesty, cette hausse spectaculaire reste ainsi le fait d’« une minorité isolée » d’États, à rebours d’un mouvement mondial qui, lentement mais continuellement, poursuit sa marche vers l’abolition.