Très rapidement, privés de ressources, ils sont contraints de quitter Ankara et de partir à Istanbul s’installer chez la mère d’Aziz, avec leur fille Ezgi qu’ils ambitionnent de scolariser dans une école privée.
L’impossibilité d’exercer leurs métiers et la déchéance sociale qui s’ensuit ont un profond retentissement sur ce couple dont les dissensions apparaissent : faut-il, pour vivre dignement, accepter de renoncer à ses idéaux et se compromettre avec le pouvoir en place ?
Les failles apparaissent : Dérya en a assez de jouer dans les pièces de son mari tandis qu’il lui assène que, sans lui, elle n’aurait jamais eu une belle carrière.
Derya et Aziz sont des personnages complexes et le point de vue du réalisateur n’est pas manichéen.
Ce film décrit les conséquences des décisions autoritaires d’un régime despotique sur la vie d’un couple et d’une famille.
Par ailleurs, dans ses interviews, le réalisateur dit qu’il aurait très bien pu tourner son film en Turquie. Or, il indique dès le début du film que Hambourg « joue le rôle » d’Istanbul tandis que Berlin est Ankara, ce qui donne une portée universelle à son propos. Ceci est renforcé par le fait qu’à aucun moment il n’est question de Turquie ou de Recep Tayyip Erdogän. Ilker Çatak décrit ici ce qui pourrait arriver dans bien d’autres pays […]
