Le dernier pour la route est un film qui emprunte à plusieurs genres, la comédie italienne des années 60 et 70, le road-movie, le film social et le récit d’initiation.
Le film débute sur l’image nocturne de deux quinquagénaires complètement saouls endormis dans une berline noire au milieu de la route. On va suivre ce duo de loosers avinés, dont les trognes évoquent les personnages des comédies de Dino Risi, dans leur pérégrination nocturne et diurne en Vénétie. Ils rencontrent au milieu de la nuit un groupe d’étudiants qui font la fête et, parmi eux, un étudiant en architecture sérieux et timide, qui quitte la bande pour aller réviser ses cours, tout en regrettant amèrement d’abandonner ainsi l’étudiante qu’il aime. Les deux compères vont le prendre en charge pour lui apprendre la vie. Ils l’embarquent de force dans un périple qui les emmènera de cafés en restaurants mais aussi dans la belle demeure d’un aristocrate désargenté et dans une infructueuse chasse à un trésor, souvenir de leur vie passée d’ouvriers pas très honnêtes.
Car le film, sous le burlesque de la comédie, évoque aussi, à travers les personnages de Carlobianchi et Doriano, la désindustrialisation de l’Italie et cette génération née dans les années 70 qui se retrouve éjectée du système […]
