À côté des projecteurs et des enjeux industriels, le Festival de Cannes demeure aussi un lieu d’écoute du monde, de ses fractures, de ses espérances et de ses interrogations spirituelles. C’est dans cet esprit que le Jury œcuménique accompagne, depuis 1974, la compétition officielle du Festival. Invité par Festival, il distingue chaque année une œuvre porteuse de sens humain, spirituel ou éthique, capable d’ouvrir un espace de réflexion et de dialogue.
Une ouverture placée sous le signe du discernement
Cette 79e édition s’ouvre ainsi par un moment particulièrement symbolique. Ce mardi à 18 heures, une célébration œcuménique, temps de prière commune, est organisé au Temple de l’Église protestante unie de Cannes. Un rendez-vous simple et essentiel, avant le tumulte des projections et des débats. Car le travail du Jury œcuménique ne relève pas seulement d’une expertise cinéphile, mais il s’agit aussi d’un discernement. Regarder les films, écouter ce qu’ils disent de notre humanité, chercher les traces de lumière dans des récits (parfois sombres), et remettre cette mission « sous le regard de Dieu ».
Un regard œcuménique sur le cinéma
Chaque année, les jurés – issus de différentes sensibilités chrétiennes et de plusieurs pays – visionnent les films de la compétition officielle afin de décerner un prix indépendant.
Le Jury œcuménique ne cherche pas des films « religieux » au sens strict, mais des œuvres qui interrogent la dignité humaine, la justice, la réconciliation, la liberté ou l’espérance.
Au fil des décennies, ce prix a accompagné des cinéastes majeurs et révélé des œuvres qui continuent d’habiter la mémoire du Festival. Cette présence chrétienne à Cannes se vit également dans une fraternité concrète. Dimanche matin, protestants et catholiques partageront leurs célébrations respectives avant de se retrouver autour d’un pot fraternel dans la rue, au cœur même de la ville en fête. Une manière discrète mais visible d’habiter le Festival autrement, dans la rencontre et le dialogue.
Entre tapis rouge et quête de sens
Autre temps fort attendu, la montée officielle des marches dimanche soir pour la projection de Hope, présentée en compétition à 21h30. Un instant toujours impressionnant pour les membres du Jury œcuménique, qui participent pleinement à la vie officielle du Festival tout en portant un regard singulier sur les œuvres. Mercredi, les jurés seront également reçus à l’Hôtel de Ville par David Lisnard, fidèle à une tradition d’accueil de la municipalité cannoise envers cette présence œcuménique internationale. Enfin, le point culminant de cette mission interviendra samedi 23 mai à 15h30, au Salon des Ambassadeurs du Palais des Festivals de Cannes, avec la remise officielle du Prix du Jury œcuménique, organisée conjointement avec celle de la FIPRESCI (critique internationale). Un moment attendu, où cinéma, critique et quête de sens se rejoignent une nouvelle fois.
À noter qu’un site dédié permet à toutes celles et ceux qui veulent s’intéresser à cette mission de suivre le travail du Jury œcuménique. Sur ce même site, une équipe de rédacteurs propose des recensions sur les films projetés au Festival, dans la diversité des sélections proposées. Rendez-vous donc sur le site du Jury œcuménique.
À Cannes, au milieu du bruit médiatique et des flashes, cette présence rappelle qu’un film est un spectacle mais aussi, souvent, une parabole contemporaine, une question adressée à notre conscience, porteuse possiblement d’espérance.
Composition du Jury œcuménique 2026
Annette Gjerde-Hansen

Doctorante à la Faculté de théologie de l’Université d’Oslo, ses travaux de recherche explorent les liens profonds qui unissent religion, société et cinéma.
Adrian Baccaro

Expert du secteur de l’animation et des industries culturelles. Il a bâti une carrière à la croisée de l’enseignement, de la production et de la communication sociale.
Catherine Escrive

Journaliste, cheffe de grande rubrique Cinéma à l’hebdomadaire Le Pèlerin, elle a également travaillé pour les antennes de Radio France en tant que reporter, chroniqueuse culturelle et productrice de documentaires.
Jakob Hoffmann

Spécialiste de l’image et des films, il œuvre depuis plus de trente ans à la croisée du cinéma et des instances ecclésiales, notamment au sein du Jury protestant Film Work.
Vincent Mieville

Pasteur et observateur passionné des évolutions culturelles. Auteur du livre Bible et pop-corn, dans lequel il décrypte l’influence des textes bibliques sur la production cinématographique contemporaine.
Ruben de la Prida Caballero

Docteur en communication audiovisuelle, publicité et relations publiques. Il consacre aujourd’hui ses travaux de recherche et son enseignement à l’esthétique et à l’analyse des médias contemporains.
Bon Festival de Cannes au Jury œcuménique 2026 !
