Le langage en elle est virtuose. Il danse à la ligne, caresse, enveloppe, et soudain pique à vif. Ne vous l’envoie pas dire. Gracia Bejjani, de nationalité française, a vécu sa prime jeunesse au Liban, son pays natal. Poétesse, écrivaine – on aimerait écrire femme des lettres –, elle publie Sobhiyé, premier roman dont le sous-titre sonne à merveille : Corps de femmes. On en comprend le message : quand l’extériorité n’est que violence, armes de mort et destruction, l’intériorité de la parole, des sentiments, des regards est la seule source de vie. Des femmes se réunissent et conversent, à l’écart, pour mieux parler. Telle est la tradition libanaise de la sobhiyé, rencontre aussi libre que possible des points de vue. « Les filles écoutent les femmes parler des femmes. Elles les écoutent parler d’elles. » Initiation de la narratrice et de ses amies devant les mères, les […]
“Sobhiyé” : des femmes et des mots
Dans Sobhiyé, premier roman de Gracia Bejjani, des femmes libanaises se réunissent, parlent, rient et se fâchent, loin des malheurs de la guerre. Un récit intime qui tend vers l'universel.