Pour l’inauguration du John Kennedy Center of Performing Arts, en septembre 1971, la famille Kennedy passe commande d’une œuvre auprès du plus grand compositeur étasunien du moment : Leonard Bernstein (1918-1990). Celui-ci a carte blanche pour rendre hommage au feu président des Etats-Unis qu’il admirait et pour lequel il avait dédié sa Troisième symphonie « Kaddish » après son assassinat. Bernstein est certes issu d’une famille juive ukrainienne très pratiquante, il est bien conscient que John Kennedy fut le premier président catholique des Etats-Unis, ce qui lui inspire de créer une messe. Néanmoins, comme lors de ses deux précédentes œuvres à résonnance religieuse – Kaddish et les Chichester Psalms –, Bernstein veut être un artiste engagé, luttant grâce à ses dons de musiciens et de pédagogue pour une humanité toujours plus proche de ses idéaux. C’est ainsi qu’il veut créer une œuvre résolument moderne dans laquelle se rassemblent des forces aussi puissantes qu’apparemment opposées, particulièrement en cette période toute particulière qu’étaient les années 70 : les politiques hégémoniques et […]