Hong Kong
Droits de l'homme

Par peur de représailles, Amnesty International ferme ses bureaux à Hong Kong

Amnesty International a annoncé la fermeture de ses bureaux à Hong Kong, lundi 25 octobre. L’ONG, qui défend les droits de l'homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme, estime ne plus pouvoir y travailler librement.

Un contenu proposé par Le blog de Camille Verdi

Publié le 26 octobre 2021

Auteur : Camille Verdi

Les bureaux hongkongais d’Amnesty International resteront bientôt portes closes. L’organisation non-gouvernementale explique avoir pris “cette décision (…) le cœur lourd” à cause de “la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong, qui rend impossible en pratique pour les organisations de défense des droits humains de travailler librement et sans crainte de sérieuses représailles de la part du gouvernement”, relate Le Monde.

Anjhula Mya Singh Bais, la présidente du bureau international de l’ONG a expliqué, dans un communiqué, qu’“Hong Kong a longtemps été une base régionale idéale pour les organisations internationales de la société civile. Mais le fait que les groupes locaux de défense des droits et les syndicats aient été récemment pris pour cible est le signal d’une intensification de la campagne menée par les autorités pour débarrasser la ville de toute voix dissidente. Il est de plus en plus difficile pour nous de continuer à travailler dans un environnement aussi instable”.

Fermeture en deux temps

L’organisation non-gouvernementale internationale, qui promeut la défense des droits de l’homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme, dispose de deux bureaux à Hong Kong. Sa section locale fermera dès le 31 octobre prochain. Son quartier général régional pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique en fera autant à la fin de 2021, détaille le quotidien.

Adoptée en juin 2020, la loi sur la sécurité nationale a bouleversé le paysage politique, culturel et légal du territoire. Du côté de Pékin, on estime qu’elle a permis à Hong Kong de renouer avec la stabilité qui lui faisait défaut à la suite des manifestations prodémocratie parfois violentes de 2019. Le texte punit sévèrement la moindre infraction jugée, par la Chine, comme constitutive de sécession, subversion, collusion avec des forces étrangères ou de terrorisme. Certains faits sont passibles de la prison à vie. Par ailleurs, le texte a été rédigé de telle manière qu’il rend illégale l’expression de la quasi-totalité des formes d’oppositions.

Des opinions politiques devenues illégales

“L’environnement de répression et de perpétuelle incertitude créé par la loi sur la sécurité nationale rend impossible de savoir quelles activités pourraient conduire à des sanctions criminelles”, indique l’ONG. Depuis l’application de la loi, plus de 70 personnes majoritairement des militants prodémocratie, ont été inculpées pour avoir exprimé des opinions politiques devenues illégales. De peur de subir des représailles, plusieurs dizaines d’associations et de syndicats ont préféré stopper leurs activités au cours des derniers mois.

Chaque année, dans le monde entier, Amnesty International obtient des avancées significatives en matière de respect des droits de l’homme. En 2020, par exemple, elle a obtenu du gouvernement danois une modification du Code pénal. Depuis, un rapport sexuel sans consentement est qualifié de viol. La même année, l’Arabie saoudite a annoncé qu’elle envisageait d’abolir la peine capitale pour les personnes âgées de moins de 18 ans au moment du crime commis, exception faite des affaires relevant de la Loi de lutte contre le terrorisme.

 

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