Ce chapitre parle de confirmation, mais tout ce qui est dit s’applique au baptême des Églises qui ne baptisent pas les petits, car elles ont fait le choix de réserver le baptême à ceux qui sont capables de confesser leur foi.

Souvent la confirmation est accompagnée d’un accueil à la cène au cours duquel il est demandé au jeune s’il veut manger de ce pain-là avec le reste de la communauté. En étant accueilli à la table du Seigneur, il est considéré comme un membre de l’Église à part entière. Il peut donner son avis et participer aux décisions comme tous les autres membres.

Pour les Églises catholiques et orthodoxes, la confirmation est un sacrement qui réalise le don de l’Esprit sur une personne et qui est une actualisation de la Pentecôte. En théologie protestante, l’Église n’est pas le maître de l’Esprit qui souffle où il veut et quand il veut. On peut invoquer l’Esprit, mais jamais le posséder. Si la confirmation n’est pas un sacrement, elle est une cérémonie qui a toutes les caractéristiques d’un rite puisque le jeune est invité à dire une parole qui le fera changer de statut au regard de la communauté.


Confirmation et baptême

Après les bénédictions des tout petits – par un baptême ou une présentation – les Églises proposent aux enfants une instruction biblique qui s’étend sur plusieurs années. Le but est de lui proposer quelques repères afin de pouvoir se repérer dans le Livre et de lui fournir quelques clefs pour interpréter un passage, car on ne lit pas de la même manière un mythe, un récit historique, un psaume, une parabole, une épître ou une apocalypse.

À côté de l’instruction biblique, les Églises essayent de témoigner de leur foi à travers une vie communautaire marquée par un certain nombre de cérémonies. Elles invitent le jeune à participer à un catéchisme dont l’objectif peut se résumer en quelques mots : « Raconter à la personne son baptême ». En réponse à l’impératif biblique répété à plusieurs reprises dans le Premier Testament : « Tu diras à tes enfants », l’Église cherche à lui témoigner de la grâce qui est au commencement de son histoire, et de ce à quoi elle l’appelle.

À l’issue de ce catéchisme, il est proposé au jeune de confirmer les vœux de son baptême, ce qui est une façon de lui dire : « Le jour de ton baptême, tes parents ont demandé la bénédiction de Dieu sur ton histoire et ils ont pris l’engagement, avec l’aide de l’Église qui t’a reçu, de témoigner de leur foi. Aujourd’hui veux-tu les délier de cet engagement, afin d’avancer de toi-même sur ce chemin ? »

Dans le dialogue avec les Églises qui ne baptisent que les confessants, certaines d’entre elles admettent que le couple baptême/confirmation pourrait représenter un vrai baptême étalé dans le temps. Que la personne ait été baptisée à six mois ou à quinze ans, l’important n’est pas tant l’âge ni les modalités de son baptême, mais comment le sujet se considère comme un baptisé, c’est-à-dire une personne qui veut placer sa vie sous le signe de la mort et de la résurrection du Christ.


Première décision

Pour un adolescent, la décision de confirmation est souvent le premier engagement qu’il prend en tant que sujet. Il ne s’agit pas d’un vœu ni d’un engagement à vie, mais de dire un oui personnel face au désir de Dieu posé sur son histoire.

La vie d’une personne est le fruit d’un certain nombre de choix et d’engagements qu’elle a pris. Le choix d’un domaine d’étude, d’une conjugalité, d’un métier, d’engagements associatifs, d’une participation à la vie sociale… parmi ces choix, se trouve celui de se positionner par rapport à l’Évangile. Être libre, c’est avoir dit oui ou non, mais d’avoir répondu, car celui qui ne répond pas laisse les événements choisir pour lui.

Il n’est pas question de demander au jeune une confession de foi parfaitement articulée et conforme à la foi de son Église, mais de témoigner de sa quête de Dieu, de son désir de continuer à cheminer. Si la foi est un chemin, personne ne peut dire qu’il est arrivé, nous sommes tous en marche.


Entrée ou sortie ?

Pour les pasteurs, les cultes de fin de catéchèse sont toujours des moments forts. D’abord parce que les temples sont pleins, ensuite parce que c’est l’aboutissement d’un cheminement de plusieurs années avec un groupe composé d’enfants qui sont devenus des adolescents. C’est un moment émouvant, mais parfois ambigu. Il est question d’engagement dans l’Église, mais pour plusieurs, c’est la dernière fois qu’ils mettent les pieds dans un temple avant de nombreuses années. On parle de première communion, mais pour beaucoup la première est aussi la dernière avant longtemps !

Cette histoire pourrait susciter une certaine déception pour une Église, mais il ne faut pas s’en désoler, car une communauté qui veut être accueillante à ceux qui arrivent est aussi une communauté d’où on a le droit de partir. Parfois, un temps d’éloignement est même nécessaire pour marquer la différence entre l’état d’enfance et celui d’adulte.

Au-delà du chemin singulier de chacun, il y a une chose que rien ne pourra changer, c’est ce qui a été vécu dans les années de catéchèse et l’accueil que l’Église a proposé à ces jeunes dans les cultes de fin de catéchèse. Dans l’histoire du fils prodigue, le tournant de la parabole se situe au moment où le fils qui s’est éloigné de son père se trouve en impasse dans sa propre histoire. À ce moment, dit le texte : « Rentré en lui-même, il se dit : Combien d’employés chez mon père ont du pain en abondance[1]. » La seule ambition des pasteurs qui voient les jeunes qui ont été accueillis dans leur Église s’éloigner est que le jour où ils se poseront la grande question de la foi, ils puissent dire eux-aussi : « Je connais une maison où il y a du pain en abondance ! »

[1] Lc 15.17.


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