Cherchons donc à traduire les sensations éprouvées devant cette robuste bâtisse du XVIIIe siècle édifiée au cœur du village de Saint-Maurice : le presbytère constitue le pendant de l’ancienne école érigée sur l’autre rive du Bié, ce petit ruisseau qui prend sa source à Villars-sous-Écot et qui se jette dans le Doubs. Le presbytère forme un ensemble harmonieux avec son oratoire et ses dépendances rurales, composées notamment d’une grange et d’une bergerie qui abritent actuellement le matériel des éclaireurs du Châtelot. La vigne en espalier recouvre les murailles crépies à la chaux.

Au sud, le presbytère s’ouvre sur un vaste terrain entouré de vieux murs que le lierre cherche sans cesse à coloniser ; au fond du parc, une porte perdue dans les buissons donne discrètement accès à un chemin forestier. Le terrain, d’une belle terre noire alluvionnaire, est occupé en partie par un jardin potager et un verger. L’ensemble donne à voir la disposition et le fonctionnement d’un presbytère de campagne dont les ressources couvraient les besoins de ses habitants à l’ère préindustrielle.

Tout respire un certain art de vivre en relative autarcie et en accord avec le milieu. 

Rien d’étonnant dès lors que ces lieux accueillent depuis des années, entre autres manifestations, le culte consistorial de l’Ascension, prétexte à l’organisation d’une fête et à la découverte d’un village éloigné des grands axes de communication ; les visiteurs occasionnels se plaignent à juste titre d’une quasi-absence de panneaux de signalisation.

Au gré des conditions météorologiques, le culte est célébré à l’oratoire ou en plein air et, le plus naturellement du monde, les participants disposent de larges plateaux de bois sur des tréteaux hors d’âge pour y partager un repas champêtre dans les jardins ; le moindre rayon de soleil y invite. Un grand noisetier ménage l’abri et l’ombrage nécessaires aux convives dont la vision n’est heurtée par aucune construction aux arêtes tranchantes : il ne se dégage rien d’oppressant ni d’écrasant de cet environnement tout en rondeur, mais uniquement l’impression de la caresse d’un contact avec […]