C’est ainsi qu’une recherche réalisée par Rebecca Nye et David Hay, auprès d’enfants britanniques de 6 à 10 ans, a mis en évidence leurs aptitudes spirituelles en terme de ‘conscience relationnelle’ (1). « La spiritualité des enfants est une capacité initialement naturelle pour un conscience de ce qui est sacré dans les expériences de vie… Dans l’enfance, la spiritualité porte particulièrement sur le fait d’être en relation, de répondre à un appel, de se relier à plus que moi seul, c’est-à-dire aux autres, à Dieu, à la création ou à un profond sens de l’être intérieur. Cette rencontre avec la transcendance peut advenir dans des expériences ou des moments spécifiques aussi bien qu’à travers une activité imaginative ou réflexive ». Tout récemment, en 2015, c’est une chercheuse américaine en psychologie clinique, Lisa Miller qui publie un livre ‘The spiritual child. The new science on parenting for health and livelong striving’ (2). « Biologiquement, nous sommes câblés pour une connexion spirituelle. L’harmonisation spirituelle innée des jeunes enfants, à la différence d’autres lignes de développement comme le langage et la cognition, commence entière et est mise en forme par la nature pour préparer l’enfance en vue des décennies à venir… Dans la première décennie de sa vie, l’enfant avance à travers un processus d’intégration de ‘sa connaissance’ spirituelle avec ses autres capacités en développement cognitif, physique, social, émotionnel, tous ces développements étant modelés à travers des interactions avec les parents, la famille, les pairs et la communauté ».
On peut avancer que ces recherches sur la spiritualité de l’enfant sont favorisées par le développement d’un nouvel état d’esprit plus ouvert à la dimension spirituelle.
Il en va de même pour la recherche concernant la ‘awe’, terme anglais désignant un ensemble d’émotions comme l’émerveillement, l’admiration, la révérence. Cette recherche a pu se développer aux Etats-Unis, non seulement à partir du moment où la psychologie a pris en compte les émotions, mais également à partir du moment où on est sorti d’une conception dominante ‘hyper individualiste, matérialiste’.
C’est alors qu’en 2003, un chercheur américain Dacher Keltner et un de ses collègues Jonathan Haig ont commencé à travailler sur le ‘awe’, en donnant la définition suivante : « le sentiment de la présence de quelque chose d’immense qui transcende la compréhension habituelle du monde ». Dacher Keltner s’est engagé avec le professeur Yang Bai dans une grande enquête internationale en vue de rassembler des récits de personnes décrivant une expérience de ‘awe’ selon la définition choisie : « Être en présence de quelque chose de vaste et de mystérieux qui transcende votre compréhension habituelle du monde ». 2600 récits en vingt langues ont été recueillis et analysés. Ces récits ont pu être classés en huit groupes correspondant à huit merveilles de la vie : la beauté morale, l’effervescence collective, la nature, la musique, les réalisations visuelles, des réalités spirituelles et religieuses, des récits de vie et de mort, des épiphanies, c’est-à-dire des moments où nous comprenons des vérités essentielles de la vie.
En poursuivant ses recherches, Dacher Keltner a montré que l’émotion de ‘awe’ n’est pas un phénomène exceptionnel, mais que cette émotion peut apparaitre à certains moments de la vie quotidienne avec des effets bénéfiques. Dacher Keltnr rapporte ses découvertes dans un livre intitulé ‘Awe. The new science of everyday wonder and how it can transform your life’ (3).
Les recherches sur la ‘awe’ entendue en français comme un ensemble d’émotions (émerveillement, admiration, révérence) se sont ensuite étendue. Ainsi, dans son livre ‘Wonderstruck’ (4), Helen de Cruz montre comment ‘awe’ et ‘Wonder’, émerveillement et admiration, induisent la culture et façonnent la manière dont nous pensons. Sur son site ‘Center for action and contemplation’, Richard Rohr nous fait comprendre les bienfaits de l’émerveillement et de l’admiration dans la vie spirituelle (5).
C’est dans ce nouvel univers où ‘awe’ et spiritualité se rejoignent et où la reconnaissance de la dimension spirituelle de l’enfant s’impose, que, sur le site de la ‘John Templeton Foundation’, organisme qui accompagne la délivrance des prix Templeton en hommage à des personnalités ayant accompli une œuvre qui fait sens au plan spirituel, vient de paraitre un article d’une essayiste journaliste, Annelise Jolley intitulé ‘Wide-eyed wonder. How awe shapes children’s spiritual growth’ (6). Elle nous fait entrer dans un chemin de questionnement et de découvertes : Comment la ‘awe’, émerveillement et admiration donnent forme au développement spirituel des enfants ?
Le développement spirituel est la voie à travers laquelle nous faisons de la place à l’intérieur de nous-même pour quelque chose au-delà de nous-même
Annelise Jolley commence par décrire le […]

