Par le pasteur Vincent Eyraud et Georges Kaplanski, aumônerie hospitalière de l’Arc phocéen

Dans les hôpitaux marseillais, les chapelles catholiques étaient ou sont encore les seuls lieux de culte. L’organisation hospitalière française s’est en effet développée avec un personnel confessionnel à partir d’institutions religieuses, avant les sociétés de secours mutuel. Cette histoire religieuse a pesé sur l’hôpital public qui ne s’est laïcisé qu’au fil du temps. De l’hôtel-Dieu au centre hospitalier universitaire (CHU), l’hôpital a été successivement lieu d’accueil des indigents, d’enfermement, puis hospice avant de devenir la structure que nous connaissons aujourd’hui. D’où la présence de chapelles catholiques encore nombreuses.

Des chapelles catholiques aux salles œcuméniques

Après le Concile Vatican II, avec le développement du dialogue œcuménique, des chapelles ont été transformées en salles œcuméniques. Dans les années 1990, à l’hôpital de la Timone, sous l’impulsion de Marseille Espérance, est imaginé un espace cultes innovant. Celui-ci regroupe en effet une synagogue, une salle musulmane et une chapelle affectée aux différentes sensibilités chrétiennes. Ce lieu imposant répond à une demande symbolique de visibilité de l’unité des chrétiens arméniens, catholiques, orthodoxes et protestants.

Vers des espaces multicultuels à visée pratique

Depuis une dizaine d’années, à l’occasion de la rénovation de bâtiments, il est d’usage de créer des locaux neutres pour le recueillement et les cultes. Dans le privé, l’Institut Paoli-Calmettes, centre régional de lutte contre le cancer, a innové en construisant un local cultuel imaginé par l’artiste Michelangelo Pistolleto. Ce local, autour de l’œuvre Mètre cube d’infini, se présente sous forme d’alcôves ouvertes dédiées aux différentes religions.

Dans le sillage de ces innovations, après consultation des différents aumôniers, des plans ont été élaborés en vue d’un lieu symbolique qui réponde aux besoins pratiques des