Les enjeux éthiques de la privatisation de la Française des jeux

Les enjeux éthiques de la privatisation de la Française des jeux

Le théologien Antoine Nouis porte un regard critique sur cette privatisation. Explications.

Un contenu proposé par Le blog d'Antoine Nouis

Publié le 12 novembre 2019

Auteur : Antoine Nouis

Je sens la colère monter en moi chaque fois que j’entends le spot publicitaire qui m’invite à participer à la privatisation de la Française des jeux en plaçant mon argent « dans une entreprise performante, en croissance et utile à tous avec trois milliards et demi versés chaque année à la collectivité. »

L’enjeu de la privatisation est qu’en plus des trois milliards et demi d’euros versés dans les caisses de l’État, l’entreprise génère des bénéfices pour les actionnaires.

D’où vient cet argent ? De la différence entre les sommes misées dans les jeux d’argent et les sommes gagnées. La publicité nous annonce que l’entreprise est en croissance, ce qui signifie que les gens qui jouent sont de plus en plus nombreux et jouent de plus en plus souvent.

Le problème est que statistiquement, plus on joue, plus on est sûr de perdre. Ça a été démontré par Emile Borel, un mathématicien qui a formulé le « théorème de la ruine du joueur ». Sur le court terme, on peut, rarement certes, mais on peut gagner ; en revanche sur le long terme, on est sûr de perdre… sinon la Française des jeux ne gagnerait pas d’argent !

On peut appliquer au jeu d’argent ce que Marx disait de la religion pervertie, c’est un opium. Il peut soulager momentanément, mais il pervertit en profondeur. En termes théologiques, il a toutes les caractéristiques d’une idole : il séduit, mais il n’a aucune consistance et il joue sur l’illusion.

Qui joue dans les jeux d’argent ? Statistiquement les pauvres. Les riches préfèrent jouer en bourse, ce qui, jusqu’à nos jours, a toujours été bien plus rentable sur le long terme.

Que nous annonce cette privatisation ? Les pauvres vont s’appauvrir en jouant de plus en plus, et les riches vont s’enrichir en achetant des actions de la Française des jeux.

Je laisse à chacun la liberté de juger de l’éthique de cette privatisation !

Sur le même thème

Vous dépensez trop ? On a une méthode pour vous

Vous dépensez trop ? On a une méthode pour vous

La rentrée est parfois une période chargée en dépenses. Si en plus, vous ne résistez pas à l'envie de surconsommer pour "vous faire plaisir", mettez-vous à la méthode BISOU.

Un contenu proposé par Inspirations
Grandeurs et misères des privatisations

Grandeurs et misères des privatisations

Réflexions d'un sociologue à l'annonce de la privatisation d'Aéroport de Paris.

Un contenu proposé par Tendances, Espérance

L’économie relationnelle : l’humain au centre

Olivier Fontaine, animateur de l'association Ecoute ton cœur, prône cette façon de vendre et d'acheter.

Un contenu proposé par Radio FM Plus
Une vision contrastée des inégalités

Une vision contrastée des inégalités

On se perd un peu dans le foisonnement des études qui paraissent sur les inégalités. La difficulté provient souvent du mélange entre inégalités de patrimoine et inégalités de revenu.

Un contenu proposé par Tendances, Espérance

UN CONTENU PROPOSÉ PAR

Le blog d’Antoine Nouis

Un regard sur l’actualité religieuse et sociétale : vie des églises, politique, éthique… A travers ce blog, le pasteur et théologien Antoine Nouis s’intéresse au fait religieux sous toutes ses formes.

Derniers contenus du partenaire