Le pasteur et son double

Le pasteur et son double

Employer des responsables laïcs pour soutenir les pasteurs ? L'idée fait son chemin. Entretien avec Guillaume de Clermont, président de l’Eglise protestante unie de France en région Ouest, qui mène actuellement l'expérience.

Un contenu proposé par Regards sur les Paroisses

Publié le 9 avril 2019

Auteur : Marie Piat

L’Eglise protestante unie de France envisagerait de désigner des chargés de mission régionaux rémunérés afin de soutenir des secteurs en déficit de présence pastorale. L’idée étant d’employer des responsables laïcs qui ne seraient pas des pasteurs mais capables de travailler à plein temps au service de l’Eglise. La région Ouest mène actuellement une expérience de ce type. Guillaume de Clermont, président de l’EPUdF Ouest répond à nos questions.

La région de l’EPUdF Ouest a créé un poste de chargé de mission régional rémunéré, au service du Poitou rural protestant. Une expérience, pour l’heure, unique dans la France protestante. Quelles sont les raisons qui ont présidé à cette décision ?

Si la Fédération protestante de France compte quelque 1 650 pasteurs, il n’en demeure pas moins que l’Eglise protestante unie de France manque de ministres. Notamment parce que la génération Babyboom prend sa retraite. De fait, pour maintenir le niveau actuel du nombre de pasteurs, il en faudrait seize nouveaux chaque année et non pas une moyenne de onze comme nous le constatons aujourd’hui. N’oublions pas que certaines paroisses n’ont plus de pasteurs depuis plusieurs années. C’est la raison pour laquelle nous réfléchissions, au sein de notre église, à la possibilité de créer un poste de chargé de mission régional rémunéré pour venir en aide aux églises. Un groupe de travail a donc été créé afin d’étudier la faisabilité de cette création de poste dans notre région. Au terme de cette réflexion, nous avons décidé d’embaucher, en novembre 2017, Christiane H., une femme engagée depuis une trentaine d’années dans une paroisse locale de la région et disponible pour se mettre au service de notre Eglise à plein temps avant de prendre sa retraite. Il s’agit d’un CDI à plein temps, sous ma responsabilité, pour une mission de trois années jusqu’à ce que cette dernière prenne sa retraite courant 2020. 

Quelles sont les missions de Madame H. ?

Christiane H. travaille en lien avec le pasteur Bertrand Marchand, ministre de l’Ensemble du Poitou rural protestant, qui regroupe treize temples. Un Ensemble qui va très prochainement regrouper les associations cultuelles de Lezay, de La Mothe-Saint-Héray, situés dans les Deux-Sèvres, et de Lusignan, dans la Vienne. Christiane H. est engagée pour soutenir ce secteur dans lequel un poste pastoral n’est pas pourvu. Dans ce contexte, cette dernière est associée à toutes les activités de l’Eglise. Et, partant, peut donc prendre en charge les cultes et assurer tous les actes pastoraux, du baptême au service funèbre en passant par les mariages. L’animation biblique et les visites de personnes font également partie de ses activités. Nous lui avons ainsi confié une mission ecclésiale à part entière.

Quel bilan l’EPUdF peut-elle d’ores et déjà tirer de cette expérience ?

Sur le plan de l’aide apportée, l’expérience nous semble déjà tout à fait concluante. Par ailleurs, au-delà des aspects financiers, c’est plutôt sur le plan administratif que nous rencontrons des difficultés. Les contrats de travail du commun des mortels, autrement dit standards, ne sont, en effet, pas adaptés aux contraintes de la vie de notre Eglise et le contrat de travail de Christiane H. s’inscrit dans le cadre du protocole d’accord interne à l’EPUdF pour le personnel laïc. Mais, dans le cas précis de ce poste de chargé de mission régional rémunéré, nous souhaiterions créer une nouvelle catégorie, soit une fonction bien identifiée apparentée à celle de nos pasteurs. Pour mémoire, le statut de nos ministres du culte ne relève pas du droit du travail. Il faudra également prendre en compte le niveau de formation de ces futurs chargés de mission. Sans atteindre celui des pasteurs, qui sont, au minimum, diplômés d’un master en théologie, le niveau théologique devra être à la hauteur. Il y a donc une vraie réflexion à mener. Nous établirons un premier bilan d’ici l’été prochain. L’expérience est très attentivement regardée par les autres régions. La réflexion sur ces chargés de mission régionaux rémunérés aboutira lors du Synode national de 2021.

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