Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé, dimanche 31 mai, que l’armée avait pris la forteresse médiévale de Beaufort, dans le sud du Liban où elle a étendu ses opérations contre le Hezbollah pro-iranien. Pour le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, la prise de cette forteresse est un « tournant décisif ». Il a ajouté qu’il avait ordonné à Tsahal, l’armée israélienne, « d’élargir les opérations au Liban » et qu’elle avait pris « le contrôle de hauteurs stratégiques », a rapporté franceinfo. La forteresse de Beaufort avait été utilisée comme base par les forces israéliennes lors de leur occupation du sud du Liban, qui a duré deux décennies et s’est terminée en 2000. Des soldats « sont revenus au sommet de Beaufort et y ont de nouveau hissé le drapeau d’Israël », a assuré Israël Katz.
Sur le réseau social X, Emmanuel Macron a partagé sa préoccupation concernant la situation au Liban. « Il est urgent que les armes se taisent. […] Rien ne justifie l’escalade majeure en cours au Sud Liban. La France poursuivra son soutien aux autorités libanaises dans leurs efforts pour rétablir la souveraineté de l’État et l’intégrité territoriale du pays », a-t-il écrit. Par ailleurs, le président a dit s’être entretenu avec des dirigeants de la région sur la situation au Moyen-Orient. « Il est essentiel qu’un accord entre les États-Unis et l’Iran aboutisse rapidement », a-t-il répété, demandant qu’un cessez-le-feu soit conclu ainsi que la réouverture du détroit d’Ormuz.
Une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU après l’offensive d’Israël au Liban
Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU doit se tenir lundi 1er juin dans l’après-midi, à la demande de la France, a noté Le Monde. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot a dit avoir fait cette demande car « rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaires israéliennes au Liban et son occupation de plus en plus profonde dans le territoire libanais ». Le ministre a tout de même rappelé le droit à la légitime défense d’Israël contre les attaques du Hezbollah. Lundi 1er juin, le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé que son pays faisait face à « une agression féroce et condamnable d’Israël ». Depuis le début de l’offensive israélienne le 2 mars, le ministère de la Santé libanais a indiqué, dimanche 31 mai, que le bilan s’élevait à 3 412 morts et 10 269 blessés.
Israël poursuit ses frappes sur différentes régions du Liban malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en avril et prolongé plusieurs fois. Dimanche, l’armée israélienne a mené des frappes intensives sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban. Ce même jour, le ministère des Affaires étrangères qatari a condamné l’escalade des attaques israéliennes au Liban et a demandé à la communauté internationale d’agir. Selon lui, l’extension de l’incursion terrestre d’Israël est « une violation flagrante de la souveraineté de la République libanaise sœur et une violation manifeste des règles du droit international humanitaire ». De son côté, le chef de la diplomatie allemand, Johann Wadephul a appelé le gouvernement libanais à exercer « son monopole de la violence légitime sur l’ensemble de son territoire ».
