Inquiétudes persistantes sur les cultes de France. Jeudi 28 mai, dans le bilan annuel détaillé des actes antireligieux, disponible en ligne, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, qui est aussi ministre des Cultes, a fustigé une « haine antireligieuse » qui s’étend en France et qui « touche tous les cultes », note franceinfo. Sur un an, en 2025, 2 489 faits antireligieux ont été recensés en France, soit peu ou prou le même niveau qu’en 2024.
L’année a été tragique, notamment avec les assassinats du chrétien assyro-chaldéen Ashur Sarnaya à Lyon, ou encore du musulman Aboubakar Cissé à la mosquée de la Grand-Combe (Gard). « Les multiples agressions de rabbins, et les trop nombreuses dégradations d’églises ont profondément ému notre pays », indique par ailleurs le ministre de l’Intérieur dans son rapport.
Les actes antisémites majoritairement concentrés à Paris et en petite couronne
Dans le détail, d’après le bilan, les actes antisémites représentent plus de la moitié des actes enregistrés. S’ils ont baissé sur un an (- 16 %), avec 1 320 signalement, ils persistent à « un niveau historiquement élevé ». La comparaison avec 2022, donne le vertige : + 203 % d’actes antisémites entre 2022 et 2025. Ils sont globalement constitués d’atteintes aux personnes (890 faits en 2025, soit près de 67 %). À noter que les actes visant des lieux de cultes juifs progressent (83 faits, soit + 19 % en 2025), ils « consistent majoritairement en des inscriptions et des dégradations en lien avec le conflit dans la bande de Gaza », note le ministère de l’Intérieur dans son rapport. Géographiquement, les actes antisémites sont majoritairement concentrés à Paris et en petite couronne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne).
Viennent ensuite les actes antichrétiens : 843 actes ont été comptés en 2025, soit une légère hausse par rapport à 2024 (+ 9 %). Ils sont constitués d’atteintes aux biens pour 87 % des faits recensés (734 faits, + 4 % par rapport à 2024). Ils « touchent particulièrement le patrimoine religieux » et sont répartis géographiquement de manière hétérogène entre les départements ruraux et les grandes métropoles.
Actes antimusulmans : « une part importante d’agressions physiques »
Enfin, on compte aussi les actes antimusulmans, qui, eux, explosent de 88 % sur un an, avec 326 faits recensés, pour principalement des atteintes aux personnes (64 % du total, 208 faits). Ils se distinguent par « une part importante d’agressions physiques » (+ 151 %, 83 faits recensés entre 2024 et 2025). Géographiquement, les actes à caractère antimusulman se retrouvent dans les départements des grandes villes de France (Paris, Lyon (Rhône), Marseille (Bouches-du-Rhône), Lille (Nord), Strasbourg (Grand Est), etc.).
« Ces actes ne sont pas des faits isolés. Ils illustrent une réalité préoccupante : la haine antireligieuse qui progresse et touche tous les cultes, partout sur notre territoire », met en garde Laurent Nuñez. Pour le ministre de l’Intérieur, en s’attaquant « à la liberté de conscience et de libre exercice du culte », ces actes antireligieux « fragilisent la cohésion nationale » et « mettent en danger l’équilibre même de notre société ».
