Donald Trump a annoncé qu’il augmentait de 7 500 à 17 500 le quota annuel de réfugiés aux États-Unis afin d’accueillir 10 000 Sud-africains blancs supplémentaires, selon une décision publiée mardi 26 mai. Il a indiqué vouloir privilégier la minorité blanche d’Afrique du Sud. En 2025, l’administration républicaine avait réduit à 7 500, contre 125 000 l’année précédente, le nombre maximum de réfugiés accueillis aux États-Unis. Depuis le début de l’année budgétaire (commencée le 1er octobre 2025), 4 499 personnes ont été admises aux États-Unis comme réfugiées, à la date du 31 mars. Toutes sont sud-africaines, sauf trois Afghans, a noté La Croix. Selon le président américain, les Afrikaners, descendants des colons européens d’Afrique du Sud, sont victimes de « persécution » de la part des autorités sud-africaines.

Après ces accusations, formulées sans fondement, le président des États-Unis a publié cette décision, évoquant une « situation d’urgence » provoquée, selon lui, par une « récente augmentation de l’incitation à la violence à caractère racial ». En ordonnant l’augmentation du plafond annuel de réfugiés, il a précisé que « les admissions supplémentaires devront être accordées à des Afrikaners d’Afrique du Sud ». En 2025, il avait offert par décret le statut de réfugié aux Afrikaners avant d’accueillir un premier groupe de personnes. Cette initiative avait été fortement contestée par l’Afrique du Sud. Le pays fait aussi face à des droits de douane de 30 % sur ses produits importés aux États-Unis. Il s’agit des droits de douane les plus élevés parmi les pays d’Afrique subsaharienne.

Une prétendue persécution des Afrikaners en Afrique du Sud

Pour justifier l’accueil de ces Afrikaners, Donald Trump avait diffusé, en mai 2025, devant le président sud-africain Cyril Ramaphosa, des photos et vidéos trompeuses, voire fausses, qui illustraient une prétendue persécution des Blancs dans le pays. Sur son réseau social, Elon Musk accuse régulièrement Pretoria de mettre en œuvre des « lois racistes » tandis que des figures de l’administration Trump ont dénoncé les programmes de discrimination positive qui visent à corriger les inégalités héritées de la colonisation puis de l’apartheid, rappelle Le Parisien. Ces inégalités sont toujours présentes puisque, selon les dernières statistiques gouvernementales de 2017, la minorité blanche, qui représente un peu plus de 7% de la population, possède 72% des terres agricoles.

Les Afrikaners sont des descendants des colons néerlandais et huguenots français qui s’étaient installés à la pointe de l’Afrique au XVIIe et XVIIIe siècles. Environ 1 300 sont arrivés aux États-Unis en mars 2026 et plus de 1 500 au mois de février. La plupart d’entre eux sont installés au Texas, en Floride et en Californie, détaille RFI. Un collectif de réfugiés a déposé plainte contre la politique migratoire de Donald Trump jugée discriminatoire. Selon elle, cela « bloque de manière catégorique et illégale l’admission de [personnes] vulnérables issues d’autres régions » et empêche le regroupement familial de populations prioritaires.